Lyon – 2020 Année Saint Irénée – Deuxième évêque de Lyon

Anne Soupa, théologienne et candidate aux fonctions d’évêque de Lyon – Posté le 25 mai 2020 sur son compte twitter.

Madame A. Soupa est candidate aux fonctions d’évêque de Lyon au titre de théologienne. Et elle ajoute qu’elle ne le fait pas « de son propre chef, mais parce que certains de ses proches l’y ont conduit »

Lettre ouverte à madame Anne Soupa
… Non madame, 2020 ne sera pas l’Année Anne Soupa !

Des propos maladroits
A propos de Helmina von Chézy, auteur du livret de l’opéra Euryanthe mis en musique par Carl Maria von Weber, créé en 1823. Gustav Malher qui le produisit en 1903, alors directeur de l’opéra de Vienne, la qualifiait de « poétesse au grand cœur et à la tête vide ». …
2009 : « Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » Le Cardinal André Vingt-Trois a dû s’excuser publiquement pour ses propos jugés machistes à l’endroit d’une femme, fondatrice du « comité de la jupe ».
Je ne sais pas si on aurait pu exiger de Gustav Mahler des excuses publiques et sans doute le propos n’était-il pas très courtois. Mais si l’on poursuit dans cette logique de l’affrontement du masculin contre le féminin il est évident qu’on n’en sortira jamais.
Et si l’on voulait bien sortir de part et d’autre de cette « fausse logique de l’affrontement » qui dégénère très vite en affront, pour introduire un peu plus de raison.
Je ne comprendrai jamais ces personnes qui vivent constamment dans l’aspiration à être plutôt qu’à s’épanouir dans l’être. In fine depuis qu’un certain féminisme s’est installé en tête de gondole des rayons médiatiques, je ne suis pas convaincu que la femme ait gagné en crédibilité, en affirmation et en authenticité de ce qu’elle est. Certaines prises de position féministes, malheureusement trop souvent justifiées par la grossièreté et la vulgarité de certains exemplaires du genre masculin, n’ont pas contribué à donner à la femme sa vraie place car les « féministes radicales » se présentent elles-mêmes comme des antithèses de l’homme. Je ne demande pas à la femme de prendre ma place mais de prendre sa place, par sa compétence, par ses qualités, par ses vertus, … toutes caractéristiques qui la rendent indispensable non pas seulement comme complémentaire de l’autre sexe mais comme la quintessence de ce qu’elle est.
Je reviens à Gustav Mahler. Le personnage est intéressant non seulement parce qu’il est un grand compositeur mais parce qu’il était le mari d’Alma. Sans doute n’est-il pas le meilleur exemple d’une personnalité reconnue, qui a imposé à sa femme un retrait de sa vie d’artiste peintre et de compositrice. La conséquence en fut que le couple Mahler n’était pas un modèle d’harmonie. Mais Alma n’a pas pour autant éteint ses aspirations artistiques. A la fin de sa vie, Mahler, sur les conseils de S. Freud, retrouve « sa capacité d’amour » auprès d’Alma (cf. Lettres à Alma). Et Alma est aussi connue, avec ou sans Mahler, comme compositeur.

Retour au réel
Si ce climat de conflit persiste on n’en sortira jamais de cet impossible combat entre l’homme et la femme dans lequel on voudrait un vainqueur et un vaincu. Parce que cette vision des choses est absurde. Si l’histoire s’est écrite à quatre mains jusqu’à aujourd’hui il faut bien avouer qu’il aura fallu attendre le XX° siècle pour que la brouille l’ait rendue illisible parce que l’un des protagonistes a voulu reprendre sa liberté pour écrire sa propre histoire en effaçant l’autre.

Aujourd’hui, madame A. Soupa est candidate aux fonctions d’évêque de Lyon au titre de théologienne. Et elle ajoute qu’elle ne le fait pas « de son propre chef, mais parce que certains de ses proches l’y ont conduit ».

D’abord une remarque : comme le dit à plusieurs reprises ce même texte d’acte de candidature, c’est une première à tous les sens du terme puisque l’évêque ne porte pas sa candidature, pas plus d’ailleurs qu’on ne se porte candidat à aucune fonction dans l’Église. La fonction, indépendamment des dispositions canoniques, s’inscrit dans la logique d’un appel auquel la personne reste toujours libre de répondre, le diacre, le prêtre, l’évêque.
Exclure, comme le dit la candidate, la moitié de l’humanité est erroné : c’est 100% car personne n’est candidat. Celui qui ressent un appel ne se porte pas candidat mais répond à une vocation qui lui est donnée par Dieu lui-même. Madame Soupa a-t-elle entendu un appel, des voix… sinon celles des 15986 (à la date du 25/06/2020 14:48) signataires d’une pétition lancée pour soutenir sa candidature.

Un candidature : elle veut être « serviteur de la Parole ».
Tout baptisé est serviteur de la Parole avec ou sans fonction, avec ou sans titre. Il est inscrit dans l’acte même d’un sacrement, -le baptême confirmé plus tard par un autre sacrement, qui confèrent tous deux un caractère-, que celui ou celle qui les ont reçus est non seulement habilité mais hautement responsable de transmettre la Parole, par son exemple, par sa parole qui est un relai de la Parole dont il se fait l’instrument. C’est la pratique depuis le jour où les apôtres ont entendu le mandat : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez, faites des disciples ».
Vous vous portez candidate pour « occuper une charge de gouvernement ». Et vous appuyez votre candidature au titre de théologienne. Vous savez que celui qui est appelé au sacerdoce reçoit par son ordination non pas des « fonctions » mais des charges, en latin des « munera » : de diriger, d’enseigner et de sanctifier. L’évêque les reçoit en plénitude. Ces trois charges ne sont pas « au choix ». Et, si vous me permettez d’ajouter, des trois munera non négociables je mettrais en premier celui de sanctifier, « munus sanctificandi » qui est à la fois actif et passif : la nécessité de se sanctifier soi-même et de sanctifier les baptisés par l’administration des sacrements. Quant au « munus docendi », d’enseigner, vous qui êtes théologienne vous sentez-vous sûrement apte à transmettre ce que vous permettent vos compétences. Et enfin le « munus regendi », auquel vous aspirez et qui fait l’objet principal de votre acte de candidature, je le mets non en dernière position mais comme le résultat de l’exercice assidu des deux autres.

Avec humour … peut-être, vous définissez ainsi l’évêque : « un homme célibataire, âgé et tout de noir vêtu ».
La formule prêterait à sourire si elle n’était pas une caricature qui fait sombrer votre « candidature » dans le ridicule.
Vous en appelez au Pape François, qui a, d’après vous, demandé « aux théologiens de mieux distinguer prêtrise et gouvernance ». Distinction n’est pas séparation de fait ni de droit. N’entrons pas dans le débat piégé, que la multiplication des abus a exacerbé, des causes de ces abus. A l’appui de votre candidature vous présentez les quatre derniers évêques de Lyon comme des incapables qui ont « laissé les loups entrer dans la bergerie… ». Et vous prétendez redonner vous-même « une légitimité au corps épiscopal », restituer « aux laïcs et aux prêtres une parole vraie, libérée ». N’en faites-vous pas un peu trop ? On croit entendre la profession de foi et les engagements d’un candidat à des élections politiques. Et puis, il semblerait que vous considériez l’Église comme une démocratie. Alors vous accepterez sans doute que votre candidature soit ouverte à la concurrence.

Croyez-vous que la femme, dont vous vous érigez en icône … ou peut-être plutôt en pythie, en sortira grandie. Vous croyez vraiment que revêtue d’une fonction de gouvernement, sans autre charisme que votre titre de théologienne et de présidente du « comité de la jupe », vous rendrez à la femme une dignité que d’après vous elle aurait perdue, « assignée et bridée dans ses désirs de responsabilités » ?

Je commence à douter sérieusement de vos compétences de « théologienne » quand je lis que vous réinterprétez la volonté de Jésus-Christ de choisir « des hommes qui n’étaient pas prêtres ». Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler que le sacrement de l’ordre a été institué par Jésus en même temps qu’il instituait l’Eucharistie. Quant au célibat il est inutile de revenir sur une question qui a été longuement explicitée depuis que l’on a voulu le considérer comme la cause principale des abus qui ont défiguré le visage de l’Église.
L’évêque, dites-vous est un « surveillant » qui garantit la « cohésion et la rectitude doctrinale d’un ensemble de communautés ». Peut-être m’expliquerez-vous pourquoi vous atomisez l’Église en communautés indépendantes les unes des autres avec à leur tête un évêque qui semblerait seul garant de la doctrine pour cette seule communauté ? Et que devient l’unité de l’Église dans tout ça ?

Et pour terminer : « Pourquoi candidater à Lyon ? » Vous voyez comme motif principal la « faillite dans leur tâche première de protéger leur communauté » que vous attribuez aux quatre derniers évêques. Pour être clair la faillite, selon vous, n’a qu’un seul motif : les abus avérés d’un prêtre qui ont nourri pendant des mois un climat délétère à Lyon, en France, dans le monde !
La justice a parlé. Le cardinal Philippe Barbarin a pris la décision, acceptée par le pape François, de démissionner de sa charge. Le siège est vacant.
… Libre pour votre candidature ?

Madame Soupa, ce diocèse n’est pas un diocèse quelconque. Il est celui qui a comme fondateurs saint Pothin, saint Irénée -dans la lignée de l’apôtre saint Jean, de saint Polycarpe-, les martyrs de Lyon, dont une jeune femme, Blandine …

Que saint Irénée nous apprend-il aujourd’hui ?
« Il est éblouissant pour son amour de Jésus et sa connaissance des saintes Écritures. Ce qu’il dit peut nous éclairer dans les débats actuels pour changer l’Église et ses structures, souvent si décevantes.
Qui va renouveler l’Église ? Ce n’est pas nous et nos réflexions (…). Mais c’est vraiment Lui qui sera la source du renouveau de l’Église. Est-ce que le Christ a sa place de Seigneur dans nos cœurs, dans nos communautés ? Ce n’est pas sûr… » Ainsi s’exprime celui qui est le dernier successeur en titre de saint Irénée, le cardinal Philippe Barbarin.

Je laisse la conclusion à saint Irénée qui s’adresse directement à vous, qui vous portez candidate à sa succession :
« Ainsi en va-t-il du service envers Dieu ; à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle. Car, de même que Dieu n’a besoin de rien, de même l’homme a besoin de la communion de Dieu. Car la gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciple : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16b), indiquant par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, du fait qu’ils suivaient le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. »
— Contre les hérésies (Adversus haereses), IV, 14, I.


Thomas More est bien un homme de notre temps. Ou peut-être, pourrait-on dire qu’il a rencontré une situation qui est hors du temps car elle s’est toujours présentée à toutes les époques de l’histoire. Celui qui exerce le pouvoir l’exerce avec une conception totalitaire qui n’admet pas la contradiction quand ses intérêts sont en jeu.
Ainsi d’Henry VIII, roi d’Angleterre qui avait fait de Thomas More le chancelier du Royaume.
Henry VIII voulant divorcer de Catherine d’Aragon pour épouser Ann Boleyn était également animé du désir de réformer l’Église d’Angleterre. Paradoxe de ce roi qui avait reçu du pape Léon X le titre de « Defensor fidei » pour sa défense des sept sacrements dont celui du mariage.
Thomas More n’a jamais accepté de transiger avec sa conscience. Ce qui l’a conduit à refuser de se soumettre au Roi Henry VIII qui imposait à ses sujets de prêter serment par lequel ils approuvaient l’acte de succession (Succesion to the Crown Act 1533) qui établissait Élisabeth, fille qu’en Henry VIII eut avec Ann Boleyn, héritière légitime et qui règnera sous le nom d’Élisabeth I°. En vertu de quoi il se rendait coupable d’une trahison (Treasons Act 1534).

« Le 31 octobre 2000, saint Thomas More a été déclaré « patron céleste des responsables de gouvernement et des hommes politiques ». Le motu proprio de Jean-Paul II met en avant son « témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir », son « exemple permanent de cohérence morale » et d’une « politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine ». Il constate aussi que la demande de la proclamation émane de personnalités « de diverses provenances politiques, culturelles et religieuses » et que « même en dehors de l’Église, […] sa figure est reconnue comme source d’inspiration ». C’est un fait dont témoignent parmi d’autres, Robert Bolt, le dramaturge anglais agnostique qui écrivit A man for all seasons en 1960, et Fred Zinnemann, le cinéaste juif qui en fit l’adaptation cinématographique avec le succès que l’on sait. Thomas More ne peut être confisqué par sa confession religieuse. Il appartient à tous et parle à beaucoup. Il n’en demeure pas moins qu’il renvoie à un autre que lui, et que son attitude face au pouvoir n’est pleinement intelligible qu’en référence à sa foi. Les conditions extrêmes dans lesquelles Thomas More a été placé peu à peu, ont requis et révélé en lui, ce qu’il convient d’appeler sa sainteté. Sans elle, il n’aurait pas achevé ainsi sa trajectoire politique, dans sa liberté et sa pleine dignité d’homme. » (Conclusion de l’article de Bernard Minvielle, Pouvoir et société. Modèles et figures. in Parole et Silence Centre Histoire et Théologie 2008)

L’obélisque des Romanov – En 1914 et après restauration en 2013

Thomas More est aussi bien connu comme l’auteur de l’Utopie, fiction satirique de l’Angleterre dénonçant les excès qu’a engendrés le mouvement des enclosures qui est parfois considéré comme l’une des origines du capitalisme moderne.
Ainsi peut-on expliquer que son nom figure sur l’Obélisque des Romanov. Cet obélisque fut érigé en 1914 pour commémorer le tricentenaire de la dynastie des Romanov. A l’origine, il est décoré de bas-relief représentant saint Georges, les armoiries des provinces russes et il est couronné par l’aigle bicéphale impérial. On peut y lire les noms des tsars de Michel I° à Nicolas II.
L’obélisque subsiste toujours depuis la Révolution d’Octobre, malgré l’intention initiale du nouveau régime de détruire les monuments à la gloire des anciens monarques. En 1918 l’obélisque subit une transformation pour le rendre compatible avec l’idéologie dominante. Ainsi Thomas More, trouve-t-il sa place en bonne compagnie. De haut on peut lire les noms de Karl Marx, Friedrich Engels, Karl Liebknecht… Charles Fourier, Jean Jaurès, Proudhon, Bakounine… Tous ces noms ont été approuvés par Lénine.
Cet obélisque se trouve dans le jardin Alexandre (Александровский сад), un parc public de Moscou situé le long du mur ouest du Kremlin. En 2013 l’original restauré a remplacé la copie non conforme.

L’obélisque « revue et corrigée » en 1918 après la Révolution d’Octobre

Le monde s’embrase emporté par des idéologies qui se condamnent elles-mêmes en imposant par la violence des idées qui contredisent leur prétendue défense des droits de l’homme.“ Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte. ” (Frantz Fanon)

Je ne partage pas les idées de l’auteur ni son parcours personnel mais je pourrais écrire la même chose. Je corrigerais seulement : « Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de la personne …»

Peaux noires, masques blancs : lire Frantz Fanon, lutter contre les stéréotypes ! Extraits d’une recension du livre : « … Avec toute la science dont l’auteur est capable, Fanon décrypte, minutieusement, lentement, tous les mécanismes qui portent à mettre l’homme noir dans une case, l’homme juif dans une autre (en effet, son travail pourrait se décliner pour toutes les ethnies, toutes les religions) et pourquoi l’homme blanc « civilisateur » a eu le besoin de caractériser ces « autres » par des traits bien définis, des cadres dont ils ne devaient plus jamais sortir. Une colonisation mentale qui ne se déconstruit pas comme cela. »…/… Frantz Fanon vise à la destruction d’un complexe. Destruction des a priori. Destruction des barrières entre les hommes, en somme. Le déterminisme n’est pas une fatalité. L’homme peut apprendre, comprendre échanger, changer. Fanon, noir et antillais, se centre sur la problématique qu’il connait le mieux, parce qu’il la vit dans sa chair et son esprit, mais on comprend bien que son humanisme aurait pu écrire ces pages pour n’importe quelle nation, n’importe quel peuple, n’importe quelle religion ou culture. » in https://www.indigne-du-canape.com/peaux-noires-masques-blancs-lire-franz-fanon-lutter-contre-les-stereotypes/

… la maladie du siècle !

Discours prononcé par Albert Camus (1913-1960) le 10 décembre 1957 à l’occasion de sa remise du prix nobel à Stockholm. Albert Camus rappelle le devoir de l’artiste face au monde.

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. »

Camus est de la race de ceux qui cherchaient à comprendre, qui pouvait signer : « Le besoin d’avoir raison, marque d’esprit vulgaire ». C’était un temps qui opposait ceux qui avaient « raison »… Sartre et tous les staliniens, et ceux qui avaient « tort » … Aron, Milosz, Arendt et aussi Camus … « Il est ahurissant de voir la facilité avec laquelle s’écroule la dignité de certains êtres. »Ce qui le justifie parfaitement d’oser écrire : « Georges Bernanos est un écrivain deux fois trahi. Si les hommes de droite le répudient pour avoir écrit que les assassinats de Franco lui soulevaient le coeur, les partis de gauche l’acclament quand il ne veut point l’être par eux. Car Bernanos est monarchiste. Il l’est comme Péguy le fut et comme peu d’hommes savent l’être. Il garde à la fois l’amour du vrai peuple et le dégoût des formes démocratiques. Il faut croire que cela peut se concilier. Et dans tous les cas, cet écrivain de race mérite le respect et la gratitude de tous les hommes libres. Respecter un homme c’est le respecter tout entier. Et la première marque de déférence qu’on puisse montrer à Bernanos consiste à ne point l’annexer et à savoir reconnaître son droit à être monarchiste. » Albert Camus, Juillet 1939… et relire son Discours à Stockholm le 10 octobre 1957 à la réception du Prix Nobel de littérature… Et ce n’est pas un billet politique !

Et aussi : Lettre de Camus à Louis Germain – 19 novembre 1957
En hommage à ce grand écrivain, homme incarnant la noblesse même, voici un échange de lettres avec son premier instituteur, Louis Germain. Camus lui écrivit, quelque peu après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature en 1957, une lettre de remerciement et ce magnifique instituteur lui répondit par une vibrante profession de foi en son métier et en l’école laïque.
https://www.huffingtonpost.fr/nicolas-bersihand/anniversaire-mort-albert-camus_b_4537141.html

« Un musicien reconnu et apprécié qui choisit le silence. Un homme dont le métier est de se « livrer » au public, en jouant Chopin ou Schubert, et qui décide de se retirer du monde…Telle est l’histoire singulière de Thierry de Brunhoff. Elle peut sembler paradoxale, difficile à saisir, mais, en réalité, ne recèle-t-elle pas une logique parfaite et essentielle pour celui qui est devenu Frère Thierry Jean à l’abbaye bénédictine d’En Calcat dans le Tarn ? Il y est entré en 1974 et ne l’a pas quittée depuis. » https://www.la-croix.com/Culture/Musique/Thierry-de-Brunhoff-la-musique-du-silence-2015-08-21-1346587https://encalcat.com/index.php

Thierry de Brunhoff au piano

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcRn57r2LkvcVgwIpP0YcPJUP-aK8G25twsg9Q&usqp=CAU

« Il m’a semblé que si Dieu existait, alors il fallait plonger et tout donner. Tout donner, c’était donner aussi la musique, puisque pour moi elle contenait tout depuis l’enfance. Elle était mon univers, ma respiration, mon langage, la communion avec les autres, le don de soi. Dieu m’apparaissait être plus que tout cela ou plutôt contenir tout cela, être tout cela à la fois et en même temps, attendre qu’on l’aime. Je crois que c’est cela qui a été déterminant pour moi, cette attente de Dieu. »Lettre à Rodolphe Bruneau-Boulmier – France Musique – 31 août 2014 – https://www.francemusique.fr/emissions/les-pianistes-paris/thierry-de-brunhoff-19877

Thierry de Brunhoff plays Chopin — Complete Nocturnes : https://youtu.be/jNqX_jWhUzY

Ernest Renan

https://www.gouvernement.fr/partage/9007-conference-d-ernest-renan-a-la-sorbonne-quest-ce-qu-une-nation

https://républiquedeslettres.fr/renan-nation.php

« L’homme n’est esclave ni de sa race ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagne. »Qu’est-ce-qu’une nation ? Ernest Renan – Conférence du 11 mars 1882

Des policiers s’agenouillent pour dénoncer les violences policières, lors d’une manifestation à Coral Gables en Floride, le 30 mai 2020. Un geste inspiré par les protestations des joueurs de football américain.
Eva Marie Uzcategui / AFP

Illustration contemporaine d’esthétique africaine
des martyrs de l’Ouganda

Le pape François a mis en avant l’exemple de foi des martyrs de l’Ouganda, lors d’une grande messe célébrée le 28 novembre 2015 au sanctuaire de Namugongo, près de Kampala. Ni «les plaisirs mondains» ni «le pouvoir terrestre» ne donnent satisfaction, a prévenu le pape, prônant au contraire la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie, ainsi que la «préoccupation pour le bien des autres». Le pontife a assuré que les martyrs ougandais, 22 catholiques et 23 anglicans, rendaient témoignage «à l’œcuménisme du sang».“Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint “les extrémités de la terre”. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge.” https://www.revueenroute.jeminforme.org/PDF/Les_saints_Martyrs_de_l_Ouganda.pdf

Enguerrand QUARTON (Connu en Provence de 1444 à 1466) – La Pietà de Villeneuve-lès-Avignon – Vers 1455. Ce chef-d’oeuvre de l’école provençale, resté longtemps anonyme, a été rendu à Enguerrand Quarton, l’auteur du Couronnement de la Vierge peint en 1453-1454 pour la chartreuse du même lieu (Villeneuve-lès-Avignon, musée). Le donateur chanoine qui a la vision de la Pietà avec saint Jean l’Évangéliste et sainte Marie-Madeleine n’a pas été sûrement identifié.

Enguerrand QUARTON – La Pietà de Villeneuve-lès-Avignon – Vers 1455

Pour aller plus loin : https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-pieta-de-villeneuve-les-avignon

http://www.ladilettantelle.com/2015/04/enguarrand-quarton-la-pieta-de-villeneuve-les-avigon.html

https://www.panoramadelart.fr/la-pieta-de-villeneuve-les-avignon

Introduction en musique https://youtu.be/Cq2EtAK38xk (cf. infra Zhu Xiao-Mei)

Notre Dame de Sheshan

Histoire du sanctuaire de Sheshan.

Le sanctuaire consacré à Notre-Dame de Sheshan se trouve à quelque 35 km de Shanghai. Sheshan doit son nom à un ermite, She, qui aurait vécu sur cette montagne (shan). C’est en 1863 que le supérieur de la communauté des jésuites de l’époque, à Shanghai, fait l’acquisition du flanc sud de la montagne de Sheshan pour y construire une maison de repos et une petite chapelle. Le site jouit d’une belle vue sur un bois de bambou. La chapelle est consacrée le 1er mars 1868 à « Marie Aide des Chrétiens ». Les fidèles prennent l’habitude de s’y rendre chaque année pour le 24 mai, fête de Marie Auxiliatrice. Le 24 mai 1871, en action de grâce pour « la protection spéciale de Notre Dame » au diocèse de Shanghai lors de la rébellion des Taiping – (11 janvier 1851 : Révolte des Taiping – http://herodote.net/almanach/jour.php?ID=64) -, la construction d’une basilique est entreprise. Le pape Pie IX accorde en 1874 le don de l’indulgence à tous les pèlerins qui accompliront un pèlerinage pendant le mois de mai. Le sanctuaire gagne une nouvelle église en 1894, celle de Zhongshan (‘à mi-montagne’), consacrée à Marie Médiatrice, puis d’autres chapelles, consacrées à la Vierge, à Saint Joseph et au Sacré-Cœur de Jésus. Un chemin de croix serpente dans les allées qui montent vers la basilique. En 1924, les évêques de Chine consacrent leur nation à la Vierge Marie et une impressionnante statue de Notre Dame portant l’Enfant-Jésus à bout de bras au-dessus de sa tête est placée au faîte de la basilique. Cette statue de bronze de près de quatre mètres sera détruite durant la Révolution culturelle (1966-1976), puis restaurée et replacée en 2000 au sommet de la tour de la basilique.Histoire de la Chine : https://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_la_chine.asp

24 octobre 1860 : «Seconde guerre de l’opium» et traité de Pékin https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=18601024

Et je recommande deux livres remarquables :Jung Chang Les cygnes sauvages – Seule dans l’enfer de la Révolution culturelle (Pocket)Zhu Xiao-Mei – La rivière et son secret – Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach : le destin d’une femme d’exceptionDe Zhu Xiao-Mei : J. S. Bach – Goldberg Variations, Zhu Xiao-Mei (piano) + “The Return is the Movement of Tao” https://youtu.be/Cq2EtAK38xk

Histoire du christianisme en Chine : Les chrétiens en Chine de 1800 à 1950 https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/les_chretiens_en_chine_de_1800_a_1950.asp

Le christianisme en Chine du Moyen-Age à l’époque moderne : https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_christianisme_en_chine_du_moyen_Age_a_l_epoque_moderne.asp

Les Jésuites en Chine (1702-1776) http://www.souvenir-francais-asie.com/2013/01/13/memoire-de-lecture-les-jesuites-en-chine-1702-1776/ Et aussi : https://mission-universelle.catholique.fr/sinformer/asie-pacifique/300012-la-religion-en-chine/

« Le Van Gogh » des musées du Vatican

Vincent van Gogh, (Groot Zundert 1853 – Auvers-sur-Oise 1890)
Pietà, 1890 env.
Huile sur toile, cm 41,5 x 34
Don du Diocèse de New York, 1973

http://www.museivaticani.va/content/museivaticani/fr/collezioni/musei/collezione-d_arte-contemporanea/sala-2–van-gogh–gauguin–medardo-rosso/vincent-van-gogh–pieta.html

Lorsqu’on pense Vatican, immédiatement il vient à l’esprit Michel-Ange et Raphaël, Chapelle Sixtine et Chambres de Raphaël. Mais ce serait passer à côté d’une Piétà par Van Gogh qui se trouve dans le musée d’art religieux, donc dans l’ordre de la visite juste après les appartements Borgia. Ce musée voulu et inauguré par Paul VI n’est pas toujours ouvert et le flot des visiteurs à ce stade est tel qu’on peut passer aussi devant cette Pietà sans la voir (salle XVI). Il peut être intéressant de s’arrêter quelques secondes sur son histoire.Delacroix, Nanteuil et les lithographies. À l’origine, il y a d’abord une Pietà, 1850, 35 x 27 cm, par Eugène Delacroix, un tableau qui se trouve maintenant au Musée national d’Oslo. Il montre Marie et Jésus lors de la descente de Croix. C’est d’abord la solitude de la mère tentant de soutenir son fils mort qui nous frappe par rapport aux autres descentes de Croix souvent remplies de personnages. Delacroix a peint de nombreux sujets religieux. Mais ce tableau va obtenir une renommée plus grande par la diffusion, très nouvelle à l’époque, de lithographies.La lithographie a été inventée en 1796. La génération des Romantiques est alors la première à utiliser cette technique qui n’est ni en creux (comme la gravure en taille douce) ni en relief (comme la gravure sur bois) mais « à plat » et utilise la chimie pour que l’encre aille au bon endroit. Lorsque la lithographie est exécutée à partir d’une autre œuvre (une toile par exemple), elle sera inversée puisque la pierre devient la matrice qu’on retourne. C’est ce que l’on peut constater dans cette lithographie de Célestin Nanteuil (1813-1873) exécutée dès 1853.La lithographie est bien inversée (effet miroir) par rapport à la toile originelle d’Eugène Delacroix. https://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/delacroix/pieta.htm

Etude pour une pietà – Lithographie – Eugène Delacroix

https://www.photo.rmn.fr/archive/09-533770-2C6NU03O8GF4.html

Vincent à Saint-Rémy de Provence

À la fin de l’été 1889, Vincent van Gogh est interné à l’hôpital à Saint-Rémy de Provence. Confiné dans sa chambre, rarement autorisé à aller dans le jardin il utilise parfois des gravures ou lithographies comme modèle. La copie le détend. Il confie à son frère Théo : « Je m’y suis mis par hasard et je trouve que cela apprend et surtout parfois console. Aussi alors mon pinceau va entre mes doigts comme serait un archet sur le violon et absolument pour mon plaisir. »On sait toujours par les lettres de Vincent à Théo, que des lithographies de la Pietà et du Bon Samaritain de Delacroix étaient dans sa chambre.Vincent écrit ensuite : « Ainsi cette fois-ci pendant ma maladie il m’était arrivé un malheur — cette lithographie de Delacroix la Pietà avec d’autres feuilles était tombée dans de l’huile et de la peinture et s’était abîmée. J’en étais triste — alors entretemps je me je me suis occupé à la peindre et tu verras cela un jour, sur une toile de 5 ou 6 j’en ai fait une copie qui je crois est bien sentie. » L’incident est devenu un sujet, un prétexte à une nouvelle toile. Van Gogh, fils de pasteur, avait lui-même essayé sans succès de devenir pasteur, mais avait échoué à l’examen de théologie. Pourtant, c’est la seule et unique toile dans laquelle Vincent va représenter Jésus, ou plutôt la seule composition puisqu’une réplique en sera réalisée quelques mois plus tard. Il se distingue en cela de son ami Gauguin, souvent attiré par les sujets religieux. Cette peinture (42 x 34 cm) est entrée au Vatican via un don du diocèse de New York en 1973. Certains critiques ont fait remarquer que le visage du Christ aux cheveux et à la barbe rousse pouvait être identifié avec celui de l’artiste. Vincent, malade, aurait identifié alors ses souffrances avec celles du Christ.

La réplique du musée d’Amsterdam

L’artiste va exécuter une seconde version en 1890, un peu plus grande (73 X 60.5 cm), pour le docteur Gachet. Cette version est au musée Van Gogh à Amsterdam. Il est intéressant de regarder les différences stylistiques à quelques mois d’intervalle.Lettre à Théo d’Auvers sur Oise 3 juin 1890. « Gachet m’a dit aussi, que si je voulais lui faire un grand plaisir, il désirerait que je refasse pour lui la copie de la Pietà de Delacroix qu’il a regardée très longtemps. Dans la suite probablement il me donnera un coup de main pour les modèles; je sens qu’il nous comprendra tout à fait et qu’il travaillera avec toi et moi sans arrière-pensée, pour l’amour de l’art pour l’art, de toute son intelligence. » Il reste à ce moment à Vincent quelques semaines à vivre.

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