Lyon – 2020 Année Saint Irénée – Deuxième évêque de Lyon

Anne Soupa, théologienne et candidate aux fonctions d’évêque de Lyon – Posté le 25 mai 2020 sur son compte twitter.

Madame A. Soupa est candidate aux fonctions d’évêque de Lyon au titre de théologienne. Et elle ajoute qu’elle ne le fait pas « de son propre chef, mais parce que certains de ses proches l’y ont conduit »

Lettre ouverte à madame Anne Soupa
… Non madame, 2020 ne sera pas l’Année Anne Soupa !

Des propos maladroits
A propos de Helmina von Chézy, auteur du livret de l’opéra Euryanthe mis en musique par Carl Maria von Weber, créé en 1823. Gustav Malher qui le produisit en 1903, alors directeur de l’opéra de Vienne, la qualifiait de « poétesse au grand cœur et à la tête vide ». …
2009 : « Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » Le Cardinal André Vingt-Trois a dû s’excuser publiquement pour ses propos jugés machistes à l’endroit d’une femme, fondatrice du « comité de la jupe ».
Je ne sais pas si on aurait pu exiger de Gustav Mahler des excuses publiques et sans doute le propos n’était-il pas très courtois. Mais si l’on poursuit dans cette logique de l’affrontement du masculin contre le féminin il est évident qu’on n’en sortira jamais.
Et si l’on voulait bien sortir de part et d’autre de cette « fausse logique de l’affrontement » qui dégénère très vite en affront, pour introduire un peu plus de raison.
Je ne comprendrai jamais ces personnes qui vivent constamment dans l’aspiration à être plutôt qu’à s’épanouir dans l’être. In fine depuis qu’un certain féminisme s’est installé en tête de gondole des rayons médiatiques, je ne suis pas convaincu que la femme ait gagné en crédibilité, en affirmation et en authenticité de ce qu’elle est. Certaines prises de position féministes, malheureusement trop souvent justifiées par la grossièreté et la vulgarité de certains exemplaires du genre masculin, n’ont pas contribué à donner à la femme sa vraie place car les « féministes radicales » se présentent elles-mêmes comme des antithèses de l’homme. Je ne demande pas à la femme de prendre ma place mais de prendre sa place, par sa compétence, par ses qualités, par ses vertus, … toutes caractéristiques qui la rendent indispensable non pas seulement comme complémentaire de l’autre sexe mais comme la quintessence de ce qu’elle est.
Je reviens à Gustav Mahler. Le personnage est intéressant non seulement parce qu’il est un grand compositeur mais parce qu’il était le mari d’Alma. Sans doute n’est-il pas le meilleur exemple d’une personnalité reconnue, qui a imposé à sa femme un retrait de sa vie d’artiste peintre et de compositrice. La conséquence en fut que le couple Mahler n’était pas un modèle d’harmonie. Mais Alma n’a pas pour autant éteint ses aspirations artistiques. A la fin de sa vie, Mahler, sur les conseils de S. Freud, retrouve « sa capacité d’amour » auprès d’Alma (cf. Lettres à Alma). Et Alma est aussi connue, avec ou sans Mahler, comme compositeur.

Retour au réel
Si ce climat de conflit persiste on n’en sortira jamais de cet impossible combat entre l’homme et la femme dans lequel on voudrait un vainqueur et un vaincu. Parce que cette vision des choses est absurde. Si l’histoire s’est écrite à quatre mains jusqu’à aujourd’hui il faut bien avouer qu’il aura fallu attendre le XX° siècle pour que la brouille l’ait rendue illisible parce que l’un des protagonistes a voulu reprendre sa liberté pour écrire sa propre histoire en effaçant l’autre.

Aujourd’hui, madame A. Soupa est candidate aux fonctions d’évêque de Lyon au titre de théologienne. Et elle ajoute qu’elle ne le fait pas « de son propre chef, mais parce que certains de ses proches l’y ont conduit ».

D’abord une remarque : comme le dit à plusieurs reprises ce même texte d’acte de candidature, c’est une première à tous les sens du terme puisque l’évêque ne porte pas sa candidature, pas plus d’ailleurs qu’on ne se porte candidat à aucune fonction dans l’Église. La fonction, indépendamment des dispositions canoniques, s’inscrit dans la logique d’un appel auquel la personne reste toujours libre de répondre, le diacre, le prêtre, l’évêque.
Exclure, comme le dit la candidate, la moitié de l’humanité est erroné : c’est 100% car personne n’est candidat. Celui qui ressent un appel ne se porte pas candidat mais répond à une vocation qui lui est donnée par Dieu lui-même. Madame Soupa a-t-elle entendu un appel, des voix… sinon celles des 15986 (à la date du 25/06/2020 14:48) signataires d’une pétition lancée pour soutenir sa candidature.

Un candidature : elle veut être « serviteur de la Parole ».
Tout baptisé est serviteur de la Parole avec ou sans fonction, avec ou sans titre. Il est inscrit dans l’acte même d’un sacrement, -le baptême confirmé plus tard par un autre sacrement, qui confèrent tous deux un caractère-, que celui ou celle qui les ont reçus est non seulement habilité mais hautement responsable de transmettre la Parole, par son exemple, par sa parole qui est un relai de la Parole dont il se fait l’instrument. C’est la pratique depuis le jour où les apôtres ont entendu le mandat : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez, faites des disciples ».
Vous vous portez candidate pour « occuper une charge de gouvernement ». Et vous appuyez votre candidature au titre de théologienne. Vous savez que celui qui est appelé au sacerdoce reçoit par son ordination non pas des « fonctions » mais des charges, en latin des « munera » : de diriger, d’enseigner et de sanctifier. L’évêque les reçoit en plénitude. Ces trois charges ne sont pas « au choix ». Et, si vous me permettez d’ajouter, des trois munera non négociables je mettrais en premier celui de sanctifier, « munus sanctificandi » qui est à la fois actif et passif : la nécessité de se sanctifier soi-même et de sanctifier les baptisés par l’administration des sacrements. Quant au « munus docendi », d’enseigner, vous qui êtes théologienne vous sentez-vous sûrement apte à transmettre ce que vous permettent vos compétences. Et enfin le « munus regendi », auquel vous aspirez et qui fait l’objet principal de votre acte de candidature, je le mets non en dernière position mais comme le résultat de l’exercice assidu des deux autres.

Avec humour … peut-être, vous définissez ainsi l’évêque : « un homme célibataire, âgé et tout de noir vêtu ».
La formule prêterait à sourire si elle n’était pas une caricature qui fait sombrer votre « candidature » dans le ridicule.
Vous en appelez au Pape François, qui a, d’après vous, demandé « aux théologiens de mieux distinguer prêtrise et gouvernance ». Distinction n’est pas séparation de fait ni de droit. N’entrons pas dans le débat piégé, que la multiplication des abus a exacerbé, des causes de ces abus. A l’appui de votre candidature vous présentez les quatre derniers évêques de Lyon comme des incapables qui ont « laissé les loups entrer dans la bergerie… ». Et vous prétendez redonner vous-même « une légitimité au corps épiscopal », restituer « aux laïcs et aux prêtres une parole vraie, libérée ». N’en faites-vous pas un peu trop ? On croit entendre la profession de foi et les engagements d’un candidat à des élections politiques. Et puis, il semblerait que vous considériez l’Église comme une démocratie. Alors vous accepterez sans doute que votre candidature soit ouverte à la concurrence.

Croyez-vous que la femme, dont vous vous érigez en icône … ou peut-être plutôt en pythie, en sortira grandie. Vous croyez vraiment que revêtue d’une fonction de gouvernement, sans autre charisme que votre titre de théologienne et de présidente du « comité de la jupe », vous rendrez à la femme une dignité que d’après vous elle aurait perdue, « assignée et bridée dans ses désirs de responsabilités » ?

Je commence à douter sérieusement de vos compétences de « théologienne » quand je lis que vous réinterprétez la volonté de Jésus-Christ de choisir « des hommes qui n’étaient pas prêtres ». Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler que le sacrement de l’ordre a été institué par Jésus en même temps qu’il instituait l’Eucharistie. Quant au célibat il est inutile de revenir sur une question qui a été longuement explicitée depuis que l’on a voulu le considérer comme la cause principale des abus qui ont défiguré le visage de l’Église.
L’évêque, dites-vous est un « surveillant » qui garantit la « cohésion et la rectitude doctrinale d’un ensemble de communautés ». Peut-être m’expliquerez-vous pourquoi vous atomisez l’Église en communautés indépendantes les unes des autres avec à leur tête un évêque qui semblerait seul garant de la doctrine pour cette seule communauté ? Et que devient l’unité de l’Église dans tout ça ?

Et pour terminer : « Pourquoi candidater à Lyon ? » Vous voyez comme motif principal la « faillite dans leur tâche première de protéger leur communauté » que vous attribuez aux quatre derniers évêques. Pour être clair la faillite, selon vous, n’a qu’un seul motif : les abus avérés d’un prêtre qui ont nourri pendant des mois un climat délétère à Lyon, en France, dans le monde !
La justice a parlé. Le cardinal Philippe Barbarin a pris la décision, acceptée par le pape François, de démissionner de sa charge. Le siège est vacant.
… Libre pour votre candidature ?

Madame Soupa, ce diocèse n’est pas un diocèse quelconque. Il est celui qui a comme fondateurs saint Pothin, saint Irénée -dans la lignée de l’apôtre saint Jean, de saint Polycarpe-, les martyrs de Lyon, dont une jeune femme, Blandine …

Que saint Irénée nous apprend-il aujourd’hui ?
« Il est éblouissant pour son amour de Jésus et sa connaissance des saintes Écritures. Ce qu’il dit peut nous éclairer dans les débats actuels pour changer l’Église et ses structures, souvent si décevantes.
Qui va renouveler l’Église ? Ce n’est pas nous et nos réflexions (…). Mais c’est vraiment Lui qui sera la source du renouveau de l’Église. Est-ce que le Christ a sa place de Seigneur dans nos cœurs, dans nos communautés ? Ce n’est pas sûr… » Ainsi s’exprime celui qui est le dernier successeur en titre de saint Irénée, le cardinal Philippe Barbarin.

Je laisse la conclusion à saint Irénée qui s’adresse directement à vous, qui vous portez candidate à sa succession :
« Ainsi en va-t-il du service envers Dieu ; à Dieu, il n’apporte rien, car Dieu n’a pas besoin du service des hommes ; mais à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie, l’incorruptibilité et la gloire éternelle. Car, de même que Dieu n’a besoin de rien, de même l’homme a besoin de la communion de Dieu. Car la gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciple : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16b), indiquant par là que ce n’étaient pas eux qui le glorifiaient en le suivant, mais que, du fait qu’ils suivaient le Fils de Dieu, ils étaient glorifiés par lui. »
— Contre les hérésies (Adversus haereses), IV, 14, I.


Thomas More est bien un homme de notre temps. Ou peut-être, pourrait-on dire qu’il a rencontré une situation qui est hors du temps car elle s’est toujours présentée à toutes les époques de l’histoire. Celui qui exerce le pouvoir l’exerce avec une conception totalitaire qui n’admet pas la contradiction quand ses intérêts sont en jeu.
Ainsi d’Henry VIII, roi d’Angleterre qui avait fait de Thomas More le chancelier du Royaume.
Henry VIII voulant divorcer de Catherine d’Aragon pour épouser Ann Boleyn était également animé du désir de réformer l’Église d’Angleterre. Paradoxe de ce roi qui avait reçu du pape Léon X le titre de « Defensor fidei » pour sa défense des sept sacrements dont celui du mariage.
Thomas More n’a jamais accepté de transiger avec sa conscience. Ce qui l’a conduit à refuser de se soumettre au Roi Henry VIII qui imposait à ses sujets de prêter serment par lequel ils approuvaient l’acte de succession (Succesion to the Crown Act 1533) qui établissait Élisabeth, fille qu’en Henry VIII eut avec Ann Boleyn, héritière légitime et qui règnera sous le nom d’Élisabeth I°. En vertu de quoi il se rendait coupable d’une trahison (Treasons Act 1534).

« Le 31 octobre 2000, saint Thomas More a été déclaré « patron céleste des responsables de gouvernement et des hommes politiques ». Le motu proprio de Jean-Paul II met en avant son « témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir », son « exemple permanent de cohérence morale » et d’une « politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine ». Il constate aussi que la demande de la proclamation émane de personnalités « de diverses provenances politiques, culturelles et religieuses » et que « même en dehors de l’Église, […] sa figure est reconnue comme source d’inspiration ». C’est un fait dont témoignent parmi d’autres, Robert Bolt, le dramaturge anglais agnostique qui écrivit A man for all seasons en 1960, et Fred Zinnemann, le cinéaste juif qui en fit l’adaptation cinématographique avec le succès que l’on sait. Thomas More ne peut être confisqué par sa confession religieuse. Il appartient à tous et parle à beaucoup. Il n’en demeure pas moins qu’il renvoie à un autre que lui, et que son attitude face au pouvoir n’est pleinement intelligible qu’en référence à sa foi. Les conditions extrêmes dans lesquelles Thomas More a été placé peu à peu, ont requis et révélé en lui, ce qu’il convient d’appeler sa sainteté. Sans elle, il n’aurait pas achevé ainsi sa trajectoire politique, dans sa liberté et sa pleine dignité d’homme. » (Conclusion de l’article de Bernard Minvielle, Pouvoir et société. Modèles et figures. in Parole et Silence Centre Histoire et Théologie 2008)

L’obélisque des Romanov – En 1914 et après restauration en 2013

Thomas More est aussi bien connu comme l’auteur de l’Utopie, fiction satirique de l’Angleterre dénonçant les excès qu’a engendrés le mouvement des enclosures qui est parfois considéré comme l’une des origines du capitalisme moderne.
Ainsi peut-on expliquer que son nom figure sur l’Obélisque des Romanov. Cet obélisque fut érigé en 1914 pour commémorer le tricentenaire de la dynastie des Romanov. A l’origine, il est décoré de bas-relief représentant saint Georges, les armoiries des provinces russes et il est couronné par l’aigle bicéphale impérial. On peut y lire les noms des tsars de Michel I° à Nicolas II.
L’obélisque subsiste toujours depuis la Révolution d’Octobre, malgré l’intention initiale du nouveau régime de détruire les monuments à la gloire des anciens monarques. En 1918 l’obélisque subit une transformation pour le rendre compatible avec l’idéologie dominante. Ainsi Thomas More, trouve-t-il sa place en bonne compagnie. De haut on peut lire les noms de Karl Marx, Friedrich Engels, Karl Liebknecht… Charles Fourier, Jean Jaurès, Proudhon, Bakounine… Tous ces noms ont été approuvés par Lénine.
Cet obélisque se trouve dans le jardin Alexandre (Александровский сад), un parc public de Moscou situé le long du mur ouest du Kremlin. En 2013 l’original restauré a remplacé la copie non conforme.

L’obélisque « revue et corrigée » en 1918 après la Révolution d’Octobre

« Un musicien reconnu et apprécié qui choisit le silence. Un homme dont le métier est de se « livrer » au public, en jouant Chopin ou Schubert, et qui décide de se retirer du monde…Telle est l’histoire singulière de Thierry de Brunhoff. Elle peut sembler paradoxale, difficile à saisir, mais, en réalité, ne recèle-t-elle pas une logique parfaite et essentielle pour celui qui est devenu Frère Thierry Jean à l’abbaye bénédictine d’En Calcat dans le Tarn ? Il y est entré en 1974 et ne l’a pas quittée depuis. » https://www.la-croix.com/Culture/Musique/Thierry-de-Brunhoff-la-musique-du-silence-2015-08-21-1346587https://encalcat.com/index.php

Thierry de Brunhoff au piano

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« Il m’a semblé que si Dieu existait, alors il fallait plonger et tout donner. Tout donner, c’était donner aussi la musique, puisque pour moi elle contenait tout depuis l’enfance. Elle était mon univers, ma respiration, mon langage, la communion avec les autres, le don de soi. Dieu m’apparaissait être plus que tout cela ou plutôt contenir tout cela, être tout cela à la fois et en même temps, attendre qu’on l’aime. Je crois que c’est cela qui a été déterminant pour moi, cette attente de Dieu. »Lettre à Rodolphe Bruneau-Boulmier – France Musique – 31 août 2014 – https://www.francemusique.fr/emissions/les-pianistes-paris/thierry-de-brunhoff-19877

Thierry de Brunhoff plays Chopin — Complete Nocturnes : https://youtu.be/jNqX_jWhUzY

Illustration contemporaine d’esthétique africaine
des martyrs de l’Ouganda

Le pape François a mis en avant l’exemple de foi des martyrs de l’Ouganda, lors d’une grande messe célébrée le 28 novembre 2015 au sanctuaire de Namugongo, près de Kampala. Ni «les plaisirs mondains» ni «le pouvoir terrestre» ne donnent satisfaction, a prévenu le pape, prônant au contraire la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie, ainsi que la «préoccupation pour le bien des autres». Le pontife a assuré que les martyrs ougandais, 22 catholiques et 23 anglicans, rendaient témoignage «à l’œcuménisme du sang».“Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Église a justement rejoint “les extrémités de la terre”. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge.” https://www.revueenroute.jeminforme.org/PDF/Les_saints_Martyrs_de_l_Ouganda.pdf

Enguerrand QUARTON (Connu en Provence de 1444 à 1466) – La Pietà de Villeneuve-lès-Avignon – Vers 1455. Ce chef-d’oeuvre de l’école provençale, resté longtemps anonyme, a été rendu à Enguerrand Quarton, l’auteur du Couronnement de la Vierge peint en 1453-1454 pour la chartreuse du même lieu (Villeneuve-lès-Avignon, musée). Le donateur chanoine qui a la vision de la Pietà avec saint Jean l’Évangéliste et sainte Marie-Madeleine n’a pas été sûrement identifié.

Enguerrand QUARTON – La Pietà de Villeneuve-lès-Avignon – Vers 1455

Pour aller plus loin : https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-pieta-de-villeneuve-les-avignon

http://www.ladilettantelle.com/2015/04/enguarrand-quarton-la-pieta-de-villeneuve-les-avigon.html

https://www.panoramadelart.fr/la-pieta-de-villeneuve-les-avignon

Introduction en musique https://youtu.be/Cq2EtAK38xk (cf. infra Zhu Xiao-Mei)

Notre Dame de Sheshan

Histoire du sanctuaire de Sheshan.

Le sanctuaire consacré à Notre-Dame de Sheshan se trouve à quelque 35 km de Shanghai. Sheshan doit son nom à un ermite, She, qui aurait vécu sur cette montagne (shan). C’est en 1863 que le supérieur de la communauté des jésuites de l’époque, à Shanghai, fait l’acquisition du flanc sud de la montagne de Sheshan pour y construire une maison de repos et une petite chapelle. Le site jouit d’une belle vue sur un bois de bambou. La chapelle est consacrée le 1er mars 1868 à « Marie Aide des Chrétiens ». Les fidèles prennent l’habitude de s’y rendre chaque année pour le 24 mai, fête de Marie Auxiliatrice. Le 24 mai 1871, en action de grâce pour « la protection spéciale de Notre Dame » au diocèse de Shanghai lors de la rébellion des Taiping – (11 janvier 1851 : Révolte des Taiping – http://herodote.net/almanach/jour.php?ID=64) -, la construction d’une basilique est entreprise. Le pape Pie IX accorde en 1874 le don de l’indulgence à tous les pèlerins qui accompliront un pèlerinage pendant le mois de mai. Le sanctuaire gagne une nouvelle église en 1894, celle de Zhongshan (‘à mi-montagne’), consacrée à Marie Médiatrice, puis d’autres chapelles, consacrées à la Vierge, à Saint Joseph et au Sacré-Cœur de Jésus. Un chemin de croix serpente dans les allées qui montent vers la basilique. En 1924, les évêques de Chine consacrent leur nation à la Vierge Marie et une impressionnante statue de Notre Dame portant l’Enfant-Jésus à bout de bras au-dessus de sa tête est placée au faîte de la basilique. Cette statue de bronze de près de quatre mètres sera détruite durant la Révolution culturelle (1966-1976), puis restaurée et replacée en 2000 au sommet de la tour de la basilique.Histoire de la Chine : https://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_la_chine.asp

24 octobre 1860 : «Seconde guerre de l’opium» et traité de Pékin https://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=18601024

Et je recommande deux livres remarquables :Jung Chang Les cygnes sauvages – Seule dans l’enfer de la Révolution culturelle (Pocket)Zhu Xiao-Mei – La rivière et son secret – Des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach : le destin d’une femme d’exceptionDe Zhu Xiao-Mei : J. S. Bach – Goldberg Variations, Zhu Xiao-Mei (piano) + “The Return is the Movement of Tao” https://youtu.be/Cq2EtAK38xk

Histoire du christianisme en Chine : Les chrétiens en Chine de 1800 à 1950 https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/les_chretiens_en_chine_de_1800_a_1950.asp

Le christianisme en Chine du Moyen-Age à l’époque moderne : https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_christianisme_en_chine_du_moyen_Age_a_l_epoque_moderne.asp

Les Jésuites en Chine (1702-1776) http://www.souvenir-francais-asie.com/2013/01/13/memoire-de-lecture-les-jesuites-en-chine-1702-1776/ Et aussi : https://mission-universelle.catholique.fr/sinformer/asie-pacifique/300012-la-religion-en-chine/

« Le Van Gogh » des musées du Vatican

Vincent van Gogh, (Groot Zundert 1853 – Auvers-sur-Oise 1890)
Pietà, 1890 env.
Huile sur toile, cm 41,5 x 34
Don du Diocèse de New York, 1973

http://www.museivaticani.va/content/museivaticani/fr/collezioni/musei/collezione-d_arte-contemporanea/sala-2–van-gogh–gauguin–medardo-rosso/vincent-van-gogh–pieta.html

Lorsqu’on pense Vatican, immédiatement il vient à l’esprit Michel-Ange et Raphaël, Chapelle Sixtine et Chambres de Raphaël. Mais ce serait passer à côté d’une Piétà par Van Gogh qui se trouve dans le musée d’art religieux, donc dans l’ordre de la visite juste après les appartements Borgia. Ce musée voulu et inauguré par Paul VI n’est pas toujours ouvert et le flot des visiteurs à ce stade est tel qu’on peut passer aussi devant cette Pietà sans la voir (salle XVI). Il peut être intéressant de s’arrêter quelques secondes sur son histoire.Delacroix, Nanteuil et les lithographies. À l’origine, il y a d’abord une Pietà, 1850, 35 x 27 cm, par Eugène Delacroix, un tableau qui se trouve maintenant au Musée national d’Oslo. Il montre Marie et Jésus lors de la descente de Croix. C’est d’abord la solitude de la mère tentant de soutenir son fils mort qui nous frappe par rapport aux autres descentes de Croix souvent remplies de personnages. Delacroix a peint de nombreux sujets religieux. Mais ce tableau va obtenir une renommée plus grande par la diffusion, très nouvelle à l’époque, de lithographies.La lithographie a été inventée en 1796. La génération des Romantiques est alors la première à utiliser cette technique qui n’est ni en creux (comme la gravure en taille douce) ni en relief (comme la gravure sur bois) mais « à plat » et utilise la chimie pour que l’encre aille au bon endroit. Lorsque la lithographie est exécutée à partir d’une autre œuvre (une toile par exemple), elle sera inversée puisque la pierre devient la matrice qu’on retourne. C’est ce que l’on peut constater dans cette lithographie de Célestin Nanteuil (1813-1873) exécutée dès 1853.La lithographie est bien inversée (effet miroir) par rapport à la toile originelle d’Eugène Delacroix. https://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/delacroix/pieta.htm

Etude pour une pietà – Lithographie – Eugène Delacroix

https://www.photo.rmn.fr/archive/09-533770-2C6NU03O8GF4.html

Vincent à Saint-Rémy de Provence

À la fin de l’été 1889, Vincent van Gogh est interné à l’hôpital à Saint-Rémy de Provence. Confiné dans sa chambre, rarement autorisé à aller dans le jardin il utilise parfois des gravures ou lithographies comme modèle. La copie le détend. Il confie à son frère Théo : « Je m’y suis mis par hasard et je trouve que cela apprend et surtout parfois console. Aussi alors mon pinceau va entre mes doigts comme serait un archet sur le violon et absolument pour mon plaisir. »On sait toujours par les lettres de Vincent à Théo, que des lithographies de la Pietà et du Bon Samaritain de Delacroix étaient dans sa chambre.Vincent écrit ensuite : « Ainsi cette fois-ci pendant ma maladie il m’était arrivé un malheur — cette lithographie de Delacroix la Pietà avec d’autres feuilles était tombée dans de l’huile et de la peinture et s’était abîmée. J’en étais triste — alors entretemps je me je me suis occupé à la peindre et tu verras cela un jour, sur une toile de 5 ou 6 j’en ai fait une copie qui je crois est bien sentie. » L’incident est devenu un sujet, un prétexte à une nouvelle toile. Van Gogh, fils de pasteur, avait lui-même essayé sans succès de devenir pasteur, mais avait échoué à l’examen de théologie. Pourtant, c’est la seule et unique toile dans laquelle Vincent va représenter Jésus, ou plutôt la seule composition puisqu’une réplique en sera réalisée quelques mois plus tard. Il se distingue en cela de son ami Gauguin, souvent attiré par les sujets religieux. Cette peinture (42 x 34 cm) est entrée au Vatican via un don du diocèse de New York en 1973. Certains critiques ont fait remarquer que le visage du Christ aux cheveux et à la barbe rousse pouvait être identifié avec celui de l’artiste. Vincent, malade, aurait identifié alors ses souffrances avec celles du Christ.

La réplique du musée d’Amsterdam

L’artiste va exécuter une seconde version en 1890, un peu plus grande (73 X 60.5 cm), pour le docteur Gachet. Cette version est au musée Van Gogh à Amsterdam. Il est intéressant de regarder les différences stylistiques à quelques mois d’intervalle.Lettre à Théo d’Auvers sur Oise 3 juin 1890. « Gachet m’a dit aussi, que si je voulais lui faire un grand plaisir, il désirerait que je refasse pour lui la copie de la Pietà de Delacroix qu’il a regardée très longtemps. Dans la suite probablement il me donnera un coup de main pour les modèles; je sens qu’il nous comprendra tout à fait et qu’il travaillera avec toi et moi sans arrière-pensée, pour l’amour de l’art pour l’art, de toute son intelligence. » Il reste à ce moment à Vincent quelques semaines à vivre.

https://www.beauxarts.com/grand-format/vincent-van-gogh-en-2-minutes/#&gid=1&pid=1

Annonciation

Pour connaître Arcabas : http://www.arcabas.com/accueil/index.php

Nativité
Jésus parmi les Docteurs

Connu pour son importante production picturale inspirée de la Bible, l’artiste isérois, Arcabas, est mort le 23 août 2018 à l’âge de 91 ans. Jean-Michel Pirot, plus connu sous le pseudonyme « Arcabas », est connu pour ses décors d’inspirations religieuses au service des églises de France, d’Italie et de Belgique, cet infatigable artiste travaillait encore avec passion malgré son âge avancé. Sa rencontre avec l’art sacréDiplômé de l’école des Beaux-arts de Paris, il devient rapidement professeur à l’École des Arts décoratifs de Grenoble en 1950. Deux ans plus tard, une rencontre va changer sa vie. En visite à l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse (Isère), qui l’impressionne par ses grandes dimensions, il rencontre par hasard le curé de la paroisse, le père Raymond Truffot, prêtre-ouvrier. Arcabas, emballé à l’idée de décorer l’intérieur, propose ses services au curé sans exiger de rémunération. Ce dernier accepte ainsi que le maire de la ville. Cela sera son premier grand chantier d’art sacré. Dans la lignée des grands artistes du renouveau de l’art sacré des années 1950, Arcabas s’attachera à offrir une œuvre unifiée et réalisera, outre des peintures, des vitraux mais également du mobilier liturgique. Un peintre à la foi ardente. Ce goût naissant pour l’art sacré ne le quittera plus. Oscillant entre productions profanes et religieuses, il deviendra vite si célèbre que de nombreuses églises et institutions religieuses, de France ou de l’étranger, feront appel à lui pour réaliser des grands ensembles monumentaux. À 90 ans, il avait accepté sa dernière grande commande qu’il laisse inachevée. Un projet de 24 baies de six mètres de haut pour la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble, en collaboration avec le maître verrier Christophe Berthier

(cf. photographies personnelles des vitraux et https://fr.aleteia.org/2019/11/09/le-testament-spirituel-darcabas-enfin-acheve/

Vitrail de la Basilique du Sacré-Coeur – Grenoble 

Si son œuvre divisait, notamment en raison de son attachement viscéral pour la peinture figurative, il se défendait en déclarant vouloir faire une œuvre, à la fois lisible, compréhensible et apaisante. Sa foi, profondément ancrée et nourrie par une lecture quotidienne de la Bible, inspirait chacune de ses œuvres dont le seul but était de célébrer la gloire de Dieu.

cf. https://fr.aleteia.org/2018/08/24/le-peintre-chretien-arcabas-est-mort/

Notre Dame de La Vang

Le Viêt Nam : la longue histoire d’un pays tellement attachant… Histoire du christianisme au Viêt Nam et du sanctuaire de La Vang.

Le village de La Vang est situé dans la province vietnamienne de Quảng Trị, dans la commune de Hai Phu, au centre du Viêt Nam. La basilique Notre-Dame de La Vang est une église catholique située dans le village de La Vang. Voici ce que signifie La Vang : « La » signifie « feuille » et « Vang » signifie « graine d’herbe ». La basilique de La Vang fut détruite en 1972 pendant la guerre du Viêt Nam par les bombardements américains. Il n’en reste aujourd’hui que le clocher et le mur auquel il s’adosse.L’histoire nous rappelle que l’Église catholique commença à évangéliser le Viêt Nam au début du XVIe siècle. Puis, elle y établit deux Vicariats apostoliques en 1659. Il faut se souvenir du fait que pendant des siècles l’Église catholique vietnamienne fut souvent persécutée. Ainsi, de 1625 à 1886 il y eut 53 décrets qui furent pris contre elle par les seigneurs et les empereurs du pays. En particulier, le 17 août 1798, l’empereur Canh Trinh interdit la religion catholique sur son territoire. Aussi, pour fuir les persécutions, des catholiques vietnamiens, se réfugièrent-ils dans la « forêt de la Pluie » à La Vang située à 60 km de Hué, à La Vang. Ils se réunissaient chaque jour autour d’un grand arbre et récitaient le Rosaire. Il ordonnait aussi la destruction de toutes les églises. Un jour, la Vierge, entourée de deux anges et tenant dans ses bras l’Enfant Jésus, fit sa première apparition. Un témoin a raconté qu’elle était revêtue d’un manteau magnifique, à l’orientale, et qu’elle tenait l’Enfant Jésus dans ses bras. Elle se tenait là, sur le gazon, comme une maman au milieu de ses enfants.La Vierge Marie leur dit:– J’ai déjà exaucé vos prières. Dorénavant tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés.Cette apparition fut suivie de plusieurs autres, au cours desquelles la Vierge Marie déclara que tous ceux qui viendraient prier en ce lieu recevraient de grandes grâces. Les paysans regagnèrent leurs villages en 1802, lorsque la persécution s’apaisa; la nouvelle de l’apparition de Marie aux paysans se répandit dans tout l’Annam, marquant le début d’un pèlerinage, et une première chapelle fut construite en 1820. A partir de ce moment, des pèlerinages, pratiquement ininterrompus depuis deux siècles se mirent en place. Une dizaine d’années plus tard, plusieurs vagues de répression s’abattirent de nouveau sur la région, notamment sous le règne de l’empereur Tu Duc. Ces persécutions durèrent jusqu’en 1885, comme en témoignent les martyres de saint Étienne-Théodore Cuenot et de ses compagnons en 1861 ainsi que ceux du Tonkin avec saint Théophane Vénard. Trente martyrs annamites furent brûlés vifs à La Vang. La dévotion à la Vierge de La Vang devint alors l’un des piliers de la foi des martyrs chrétiens qui, capturés et condamnés à mort, demandaient souvent à mourir à La Vang. Notons que cette tradition est orale, d’où l’imprécision de certaines dates.Une chapelle fut construite après les troubles de 1885; puis, en 1901, une église fut édifiée, puis consacrée par Mgr Caspar, sous le vocable de Notre-Dame-Secours-des-Chrétiens, en présence de 12 000 pèlerins; Notre Dame de La Vang fut déclarée protectrice des catholiques du Viêt Nam. L’église fut agrandie en 1928, et un pèlerinage national s’y déroulait tous les trois ans. Après les Accords de Genève de 1954 et la partition du Viêt Nam, la statue de Notre-Dame de La Vang, qui avait été mise en lieu sûr pendant la guerre d’Indochine, fut replacée dans l’église le jour de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1954.La conférence épiscopale des évêques du Sud Viêt Nam choisit l’église de La Vang comme lieu de pèlerinage national à l’Immaculée Conception en avril 1961. Le pape Jean XXIII éleva cette église au rang de basilique mineure le 22 août 1961. Mais, de nouveau, l’église fut détruite par les bombardements américains pendant l’été 1972.Histoire de la province de Quảng Trị et guerre du Viêt NamSituée sur les rives de la rivière Thach Han, la citadelle de Quảng Trị est connue pour avoir été le théâtre de bombardements acharnés pendant la guerre américaine au Viêt Nam. Après la signature de l’accord de Genève de 1954, la ligne de démarcation séparant le Nord et le Sud du pays a été fixée au 17è parallèle. La cité municipale de Quảng Trị qui abrite la citadelle du même nom est alors devenue le centre politique, militaire et économique de cette province. La guerre a changé le cours de l’histoire et la citadelle qui s’imposait au coeur de la cité municipale de Quang Tri a occupé une position stratégique. C’est à cet endroit que se sont déroulés les événements les plus importants de la ville entre 1954 et 1971. Mais l’apogée a, sans nul doute, été la bataille de l’été 1972, qui a duré 81 jours opposant les soldats vietnamiens à l’armée américaine.

La citadelle de Quảng Trị est située à proximité du fleuve Thach Han. Les premières pierres de cette célèbre citadelle ont été posées pendant la dynastie Nguyen, sous les ordres du roi Gia Long. Cependant les travaux se sont achevés 28 ans après, sous le règne du roi Minh Mang. La citadelle arborait un style Vauban, sa structure initiale comprenait 4 forteresses ainsi que de 4 grandes portes s’ouvrant aux quatre coins cardinaux. Ces forteresses étaient entourées de douves et à l’intérieur se trouvait le palais de la ville.Pendant la colonisation française, la citadelle jouait le rôle d’un important centre administratif autant sur le plan économique que militaire. De nombreux activistes ont par ailleurs été incarcérés dans des prisons construites par les autorités françaises, ce qui a perduré jusqu’à la victoire des vietnamiens en 1975. Les martyrs du Viêt NamLes martyrs vietnamiens ont été très nombreux, et on évalue le nombre des victimes de toutes ces persécutions, à environ 130 000 personnes. Au cours du XXe siècle les papes Léon XIII, Pie X et Pie XII ont béatifié 117 martyrs vietnamiens que le pape Jean-Paul II a canonisés le 19 juin 1988. Ce même 19 juin 1988 le pape Jean-Paul II, reconnaissant l’importance de La Vang pour l’histoire du christianisme au Vietnam, fit mémoire du sanctuaire de La Vang et souhaita sa reconstruction « dans un climat de liberté et de paix, et de gratitude envers celle que toutes les générations disent bienheureuse. De sorte que ce sanctuaire puisse favoriser l’unité nationale et le progrès civil et moral du pays. »

Au patrimoine de l’UNESCO :

Huế : https://whc.unesco.org/fr/list/678

Hội An : https://whc.unesco.org/fr/list/948https://www.youtube.com/watch?v=T-r9UqToUQ4&t=5s

Et pour les amoureux du Viêt Nam ce remarquable site d’un ingénieur d’origine vietnamienne : https://www.vietnammonpaysnatal.fr/

Tout savoir sur le Viêt Nam : https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/vietnam/


Chapelle Notre-Dame de la Paix, dite « Chapelle Foujita », fresque de l’abside, Reims, 1963-1966
https://musees-reims.fr/fr/musees/la-chapelle-foujita/
cf. https://tokonomamagazine.com/…/foujita-le-plus-francais-de…/

C’est en pleine ère Meiji, dans un Japon nouvellement ouvert au monde, que voit le jour Tsuguharu Foujita (1886-1968). Enfant, déjà il se passionne pour la France et la peinture occidentale, au point d’intégrer le département de peinture à l’huile de l’école des Beaux-arts de Tokyo. Diplômé en 1910, il dira n’avoir retenu de son maitre Kuroda Seiki (1866-1924) que son amour de Paris. Et de fait, Foujita embarque pour la capitale française trois ans plus tard. Il y passera la majeure partie de sa vie, jusqu’à se faire naturaliser français, et baptiser à Reims sous le nom de Léonard Foujita !
Acharné au travail, le peintre produit au cours de sa vie des milliers d’œuvres, dans lesquelles il tache de créer un pont entre la peinture de son Japon natal et les œuvres européennes qui le fascinent. Dans cette volonté de synthèse, il refuse de distinguer l’encre de l’huile, et met au point sa propre technique picturale. Dès la fin des années 1910, Foujita crée à Paris une pâte blanche dont la composition chimique lui permet de peindre à l’huile sur toile tout en traçant ses traits à l’encre de Chine. Du Japon, il souhaite en effet conserver cette ligne calligraphique dans des compositions calmes et souvent dépouillées. De la peinture européenne, il retient le traitement des volumes et de la profondeur.
Ce positionnement vis-à-vis de l’Histoire de l’Art occidental marque toute la carrière de Foujita. Contraint de rentrer au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, le peintre est chargé par l’armée d’exalter les vertus héroïques des soldats japonais en représentant les combats. Son style prend un aspect bien différent de celui qu’on lui connaissait dans le Paris des Années folles. Il conserve pourtant une grande liberté plastique et un regard sur la peinture occidentale dans ces œuvres propagandistes, produites pour le gouvernement japonais. Ainsi La Bataille finale à Attu, actuellement visible à la Maison de la culture du Japon reprend exactement la composition créée par Eugène Delacroix (1798-1863) pour sa Bataille de Taillebourg ! Ces toiles présentées à travers l’archipel dans de grandes expositions itinérantes vaudront néanmoins à l’artiste quelques déboires après la guerre. La jeune génération le rend responsable et acteur de la propagande guerrière, lui interdisant toute possibilité de rester vivre au Japon. Alors qu’il souhaite prendre un nouveau départ pour sa terre de coeur, le gouvernement français refusera un temps de lui délivrer son visa en raison de son rôle d’attaché culturel en Indochine. Le rôle de Foujita pendant la guerre reste aujourd’hui encore un sujet controversé, les historiens de l’art peinant à distinguer les obligations qu’a eu le peintre en raison de son statut social, de ses possibles motivations personnelles.
Chapelle Notre-Dame de la Paix, dite « Chapelle Foujita », fresque de l’abside, Reims, 1963-1966 / Domaine public
Finalement de retour en France dans les années 1950 après un bref exil à New-York, Foujita est naturalisé français cinq ans plus tard. Alors qu’il renoue avec le succès qu’il avait connu dans les Années folles, sa révérence envers la peinture européenne devient patente, à travers notamment une recrudescence des sujets chrétiens. En effet, touché par la grâce lors d’une visite de la Basilique Saint-Rémi de Reims, le peintre est baptisé en 1959 sous le nom de Léonard Foujita. Un possible clin d’œil à un célèbre peintre florentin de la Renaissance? Il s’inspire d’ailleurs en partie de ce dernier dans le chef d’œuvre de la fin de sa vie : la chapelle qu’il fait bâtir à Reims de 1963 à 1966. Celle-ci, entièrement peinte dans la technique italienne de la fresque, offre au spectateur de grandes compositions religieuses qui renouent avec les fonds blancs des années 1920. L’abside de l’une des chapelles latérales représente la Cène sous forme d’hommage à la composition milanaise du célèbre maitre, bombardée pendant la guerre et restaurée en 1954.
Grâce à sa longue carrière, l’extravagant Foujita réussit donc l’exploit paradoxal de s’opposer picturalement aux grands maitres de la peinture occidentale afin de les égaler voire de les dépasser, grâce à un style unique issu de sa culture japonaise. Les précédents peintres japonais à avoir tenté cette synthèse avaient, selon lui, échoué en opposant trop frontalement deux traditions et deux techniques picturales, là où lui parvient à mêler les deux pour créer un style unique ni vraiment japonais, ni vraiment français. Son rôle majeur au sein de l’école de Paris et la notoriété qu’il a connu en France en font pourtant le plus japonais des peintres français! Il meurt d’une tumeur en Suisse à l’âge de 82 ans, et repose dans la chapelle à laquelle il a donné son nom.

Prière à Notre Dame de la Paix

Ô Marie, Secours des chrétiens,
nous nous tournons vers toi dans nos nécessités,
les yeux remplis d’amour,
les mains vides et le cœur plein de désirs.
Nous nous tournons vers toi
qui nous fais voir ton Fils, notre Seigneur.
Nous levons nos mains
pour recevoir le Pain de la Vie.
Nous ouvrons tout grands nos cœurs
pour accueillir le Prince de la Paix.

Mère de l’Église,
tes fils et tes filles te remercient
pour ta parole de foi qui traverse tous les âges,
montant d’une âme pauvre, pleine de grâce,
préparée par Dieu pour accueillir
le Verbe dans le monde
afin que le monde lui-même puisse renaître.
En toi, s’annonçait comme une aurore
le règne de Dieu,
règne de grâce et de paix,
règne d’amour et de justice,
né du mystère du Verbe fait chair.
L’Église répandue à travers le monde
s’unit à toi pour louer Celui
dont la miséricorde s’étend d’âge en âge.

O Stella Maris, lumière de tous les océans
et maîtresse des profondeurs, […]

garde tous tes enfants à l’abri du mal,
car les vagues sont hautes
et nous sommes loin du port.
Tandis que nous avançons
sur les océans du monde,
et que nous traversons les déserts de notre temps,
montre-nous, ô Marie, le fruit de ton sein,
car, sans ton Fils, nous sommes perdus.

Prie pour que
nous ne tombions pas en chemin,
pour que, dans nos cœurs
et dans nos esprits,
en paroles et en actes,
dans les jours de tumulte
et dans les jours de calme,
nous gardions toujours
les yeux fixés sur le Christ en disant:
« Qui est-il donc celui-là,
que même le vent et la mer lui obéissent ? ».

Notre-Dame de la Paix,
en qui toutes les tempêtes s’apaisent peu à peu,
prie pour que l’Église […]
ne cesse jamais de montrer
la face glorieuse de ton Fils,
plein de grâce et de vérité,
afin que les hommes et les femmes

laissent Dieu régner dans leurs cœurs
et qu’ils trouvent la paix
dans le vrai Sauveur du monde.
 

Ô Secours des chrétiens, protège-nous !
Brillante Étoile de la mer, guide-nous !
Notre-Dame de la Paix, prie pour nous !

Pape Jean-Paul II

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 22 novembre 2001, en la vingt-quatrième année de mon pontificat.