Une brève explication à titre d’introduction.

J’ai découvert par hasard en surfant sur la toile le site de Régis de Castelnau[1]. Sans bien connaître l’auteur du blog Vu du droit[2] je ne partage sans doute pas beaucoup de ses convictions personnelles mais c’est sans importance dans le contexte qui est le motif de cet article. Régis de Castelnau a le regard professionnel d’un juriste compétent et c’est la seule chose qui m’intéresse.

17 Mehus Woman taken in adultery 17th century Mehus, Lieven more Pen and ink, graphite on paper (light buff) Height: 23.9 cm; Width: 19.1 cm Acquisition Witt, Robert Clermont (Sir); bequest; 1952 D.1952.RW.1992 Copyright: © Courtauld Institute of Art Gallery, London

Mehus Woman taken in adultery 17th century Pen and ink, graphite on paper
Copyright: © Courtauld Institute of Art Gallery, London

Baupin… Barbarin … même combat ?

Puisque dans ces deux affaires l’auteur du blog, – juriste de formation et donc ayant toutes les compétences pour s’exprimer -, parle de « lynchage » le rapprochement des deux « affaires » est une commodité de langage.

Mais ne nous y trompons pas, là s’arrête la corrélation ! Ni le fond, ni les enjeux ne sont les mêmes.

Cependant et si je poursuis dans la ligne du rapprochement, je ne développerai que la plus récente des deux histoires, « l’affaire Baupin ». Il m’apparaît que dans les deux cas les médias et tous ceux qui montent au front, quels que soit leur affinité ou leur dissentiment à l’égard des personnes, n’ont peut-être pas pris la vraie mesure de la question. Je dis « question » en évitant soigneusement de créer une problématique.

Une question est simplement posée et attend une réponse. Un problème suppose déjà – dans l’acception médiatique courante du terme – une part de non-dit, de mystère caché… bref une embrouille dissimulée.

En l’occurrence ces affaires et je le dirai avec une certaine franchise « brut de décoffrage » : c’est une « affaire de sexe » avec tout ce que l’expression suppose de nauséabond. Je précise tout de suite ma pensée pour éviter au lecteur de s’égarer sur une fausse piste. Je n’aime pas parler de la sexualité en la réduisant à « une question de sexe ». Pour moi, médecin, le sexe est une question d’anatomie, sans plus.

La vraie question, et j’y reviens, est celle de la sexualité et du rapport personnel et sociétal à la sexualité. Or du côté des victimes -qui en tant que telles ont tous les droits de recourir aux procédures légales- comme du côté des commentateurs en tout genre, c’est surtout une affaire de sexisme et d’abus de pouvoir. Or je pense qu’on se trompe de cible. La réalité est, en tout cas, à l’origine de « l’affaire Baupin », principalement, qu’on me pardonne la sincérité frontale, « une histoire de mec incapable de maîtriser sa libido ».

Je n’ai pas la compétence pour aborder ces situations sous l’angle juridique et de toute façon le droit devra passer … Je veux encore croire que le droit et la justice marchent dans la même direction … mais peut-être suis-je naïf.

Ce qui m’afflige le plus c’est la convergence de tous les commentaires lus ou entendus sur l’affaire Baupin. Et nous n’en sommes qu’au début, non sans avoir la conviction que bientôt elle sera reléguée au second plan … Le scoop. … toujours le scoop ![3] Ainsi il s’agirait principalement d’une histoire de pouvoir masculin dans la sphère politique. Certes ce pouvoir se serait traduit par des propos et des gestes connotés d’un homme à l’égard de collègues femmes mais c’est (presque) anecdotique. Ce qui ressort majoritairement des commentaires c’est que le pouvoir exercé par les hommes est encore trop largement dominateur ceci expliquant cela. CQFD.

Au fait, est-ce l’apanage des hommes politiques ? Et puis quand il est question de « harcèlement sexuel » on ne parle que des hommes vis à vis des femmes. Je n’ai pas encore lu que le harcèlement soit le fait de femmes vis à vis des hommes. Par prudence et surtout pour éviter de sombrer je ne pousserai pas plus loin les recherches.

Mais quand donc cessera-t-on de lever des écrans de fumée pour dissimuler cette « réalité que je ne saurais voir »…

Quel écran de fumée ?

Celui de la « féministosphère » qui a trouvé là un terrain favorable à ses revendications habituelles. Il existe quand  même une grande hypocrisie qui consiste à jeter la responsabilité exclusive sur le machisme en politique. Il faut prendre ses responsabilités et ne pas se défausser ! Que n’a-t’on entendu déjà en si peu de temps et bien évidemment de la part de femmes qui se revendiquent d’un féminisme de combat. Je veux dire ici un féminisme agressif qui considère la différence homme-femme comme un champ de bataille où s’affrontent des adversaires dont l’un doit nécessairement écraser l’autre. Que je précise pour éviter tout malentendu que je partage la conviction qu’il y a une place dans la société et dans tous les domaines pour les hommes et pour les femmes sans discrimination aucune, dans le respect de la spécificité et de la dignité propres de la personne. Rien de plus contraire à la dignité que de vouloir gommer ce qui fait l’originalité de la féminité et la masculinité. Ainsi ce qu’on a surtout entendu c’est la revendication d’une parité toujours insuffisante comme si cette parité était la solution à toutes les discriminations ou pseudo discriminations. « L’affaire Baupin » étant inscrite dans l’atmosphère politique c’est principalement le monde du pouvoir qui est ciblé. Ainsi l’ambition et le pouvoir sont-ils considérés comme la sphère privilégiée où séviraient les « aventuriers du sexe ». Il est vrai que par leur exposition publique, les personnalités politiques sont en devanture. … La réalité, depuis des temps immémoriaux il est vrai, nous en a donné la démonstration, cette triste réalité ne date pas d’hier. Il aurait existé, dans l’histoire-fiction, un « droit de cuissage » [4]! … Pourtant, et sans céder à la tentation d’une lecture psychanalytique de ces « faits divers », ne devrait-on pas s’essayer à une interprétation plus simple et plus sincère mais qui n’est pas dans l’air du temps. Les beaux esprits, … -j’interprète : les pharisiens d’aujourd’hui- ont jeté des pierres sans avoir la certitude que la cible est vraiment coupable. Il est aveuglant de constater que ceux qui s’érigent en donneurs de leçon ne veuillent rien savoir de la morale … qui est un concept ringard et rétrograde incompatible avec la modernité. « Bizarre »… Vous avez dit « Bizarre ». La diversion est bien orchestrée ! Et le refus criant, qui tourne à l’obsession, de regarder la réalité en face !

Les responsables : le machisme en politique, l’insuffisance de la parité, la griserie du pouvoir. Et on en profite pour exhumer d’autres affaires qui étaient oubliées dans des placards.

On parle un peu, aussi, du silence, cet assourdissant silence des victimes, auquel on trouve une justification : la pression exercée sur les elles par la crainte de perdre un poste, une fonction, et, il est vrai, l’honorabilité qui en prend un coup ! Mais pourquoi attendre : la première agression verbale, le premier geste inconvenant et déplacé devraient déclencher l’alarme sans attendre la fin du délai de prescription.

Je ne me fais aucune illusion quant à la réception de cet autre message : tant qu’il ne sera pas possible d’aborder dans la sincérité et autrement que comme un « problème » … -ce qui est largement entretenu par la théorie psychanalytique- la question de la sexualité, le résultat sera que personne ne saura la regarder sous l’angle de la normalité psychologique. La libido visqueuse des désaxés n’est ni de l’ordre de la génération spontanée, ni des actes manqués et pas davantage de la majorité des hommes. Si je dis que des valeurs comme la pudeur, la discrétion, la simplicité, la chasteté dans les attitudes et dans le vêtement sont les meilleurs atouts pour se protéger, j’entends déjà les ricanements, les allusions douteuses, je vois la moue sceptique …

… Et le « spectre DSK » de resurgir mais ce n’est pas le Commandeur, ce serait plutôt Leporello.

A ce propos on ne les a pas tellement entendues à cette occasion ! Il est vrai que « ça ne lui ressemble pas [5]». « Il n’y a pas mort d’homme. [6]» Et puis, nous sommes aux Etats Unis, la victime est une femme de service…

Même si personne ne prononce le mot que tout le monde pense mais que personne n’ose dire : on est bien dans le domaine du pathologique ! Ce qui n’exempte pas de responsabilité.

Sempé a fait, il y a longtemps, un dessin très emblématique. Ne l’ayant pas retrouvé je le décris. Un homme est sur un chemin. Il avance tête basse, on le sent préoccupé. On suppose qu’il marche sur ce chemin qui conduit vers un embranchement où il bifurque dans deux directions : une qui conduit vers une maison où une plaque indique un nom « Psychiatre », devant laquelle attend le praticien. L’autre direction conduit à une église sur le parvis de laquelle attend un prêtre. Et la légende : une bulle au dessus du psychiatre qui s’adresse au prêtre : « S’il a le sens du péché il est pour vous, sinon, il est pour moi ! ».

La modernité dont on nous rebat les oreilles veut que tout soit dit, tout soit étalé au grand jour, sans limite… Sinon c’est de la censure ! Oh le vilain mot ! Pas question de brider la créativité dans les arts, en littérature, au théâtre, au cinéma, dans les arts plastiques… etc. Surtout ne pas interdire : « Interdit d’interdire ! ». On était en 1968.

Pour une personne normale la sexualité reste du domaine de la vie privée… en principe ! Qui me fera croire que l’érotisme[7] je ne dis même pas la pornographie mais la « description et exaltation par la littérature, l’art, le cinéma, etc., de l’amour sensuel, de la sexualité »est un ressort naturel et normal pour la personne humaine ? Quand une personne éprouve comme une nécessité de voir, de lire, d’entendre … des messages érotiques, j’éprouve les plus grands doutes sur sa normalité. En ce moment se déroule le Festival de Cannes. Récemment, Antoine Guillot, un critique cinématographique commentait deux films présentés le premier jour de la compétition. A propos d’un de ces films il disait, sans s’émouvoir et comme si cela allait de soi qu’il y avait des scènes d’un « érotisme frontal ». Je ne sais pas vraiment ce qu’il entend par cette expression mais il ne faut trop d’imagination pour comprendre de quoi il s’agit. Normal, c’est du cinéma ! C’est le spectacle vivant ! « Touche pas au 7° art ! »

J’en termine par un retour sur le titre pour mettre en parallèle ce qui les rapproche vraiment mais seulement : les délits dont sont coupables les vrais responsables sont des délits sexuels.

La prétendue libéralisation des mœurs ou permissivité a ouvert la porte à toutes les dérives et exposé les personnes fragiles à toutes les agressions. Personnes fragiles : les jeunes dont la construction psychique et morale est en formation, les personnes dont la construction psychique et morale a été blessée, les adultes dont la construction psychique et morale a été détruite. Ces personnes fragiles sont plus que d’autres sensibles aux messages qu’envoient les vecteurs incontrôlés et incontrôlables qui surfent sur la vague de la sensualité la plus agressive portée par l’idéologie libertaire.

Ce qui n’est pas normal ce n’est pas tant d’avoir occasionnellement des pensées troubles voire déviantes dans le domaine sexuel, si elles ne sont pas suivies d’actes délictueux cela n’affecte pas d’autre personne et ceux qui en sont affectés de manière récurrente sont tenus d’assumer leur déviance personnellement et, si elles ont une conscience en activité, chercher à se corriger. Ce qui est autrement grave, c’est d’entretenir la déviance par des incitations diverses : lectures, films, sites… etc. de type érotique ou pornographique. Et c’est justement la cible que visent les vecteurs dont je parle plus haut.

Mais nous entrons là dans un vaste débat dans lequel n’osent pas entrer ceux qui pourraient assainir ce climat délétère. Ceux qui se risquent à le faire sont taxés de puritanisme vieux jeu.

… Tant que n’existera pas le courage politique et institutionnel de juguler les réseaux pornographiques mais aussi ceux qui véhiculent la sensualité comme norme sous prétexte de liberté d’expression, le jeu est commode aujourd’hui de tirer à boulet rouge sur quelques cibles qui se sont fait prendre au piège : les acteurs passifs ne sont pas exempts d’une grave responsabilité parce qu’eux mêmes ont contribué à ce qu’ils se mettent en ligne de mire.

Pizzicatho

2016.05.14

[1] http://www.vududroit.com/a-propos-de-lauteur/ & https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gis_de_Castelnau

[2] http://www.vududroit.com/

[3] A l’heure où je mets une dernière main à ces lignes, on n’en parle déjà presque plus !

[4] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-droit-de-cuissage-n-existait-127562

[5] http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/05/15/2495312_dsk-arrete-pour-agression-sexuelle-ca-ne-lui-ressemble-pas.html

[6] http://www.marianne.net/hervenathan/Affaire-DSK-Jack-Lang-un-peu-de-decence-_a105.html

[7] http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9rotisme/30826

 

 

 

Le Rouge-gorge[1]

C’était à l’époque où Notre-Seigneur créait le ciel et la terre… il créait aussi tous les animaux et toutes les plantes et leur donnait leurs noms.

… C’est en ce temps-là qu’un jour, alors que Notre-Seigneur se trouvait au paradis et peignait les oiseaux, que la peinture vint à manquer dans les pots de Notre-Seigneur, si bien que le chardonneret serait resté incolore si Notre-Seigneur n’avait, sur ses plumes essuyé tous ses pinceaux.

Et c’est en ce temps que l’âne reçut ses longues oreilles parce qu’il ne se souvenait pas du nom qui lui avait été attribué. Il l’oubliait dès qu’il avait fait quelques pas sur les pâturages et, trois fois de suite il revint pour demander comment il s’appelait… Notre-Seigneur, impatient, le saisit par les oreilles et lui dit : « tu es un âne ! »

… Un soir il eut l’idée de créer un petit oiseau gris.

Au bord du lac de Tiberiade (7.1)

[Un oiseau comme on peut les rencontrer près du lac de Tibériade – Photographie personnelle – Tibériade 2006]

Souviens-toi que ton nom est Rouge-gorge ! dit Notre-Seigneur à l’oiseau lorsqu’il eut terminé.

Et après l’avoir déposé dans sa main ouverte, il le laissa s’envoler.

Mais lorsque l’oiseau eut volé un moment et contemplé la belle terre sur laquelle il allait vivre, l’envie lui prit de se contempler lui-même. Il découvrit alors qu’il était tout gris et que sa gorge était tout aussi grise que le reste. Rouge-gorge se tourna et se retourna et se mira dans l’eau mais il n’arriva pas à se découvrir une seule plume rouge.

Alors l’oiseau retourna auprès de Notre-Seigneur.

… La crainte faisait battre très fort le cœur du petit oiseau mais, en décrivant des cercles paisibles, il s’approcha néanmoins de Notre-Seigneur et, finalement, se posa sur sa main.

Et Notre-Seigneur lui demanda ce qu’il voulait.

J’aimerais simplement te poser une question, dit le petit oiseau.

Que veux-tu savoir ? dit Notre-Seigneur.

Pourquoi dois-je m’appeler Rouge-gorge, alors que je suis tout gris du bec jusqu’au bout de la queue ? Pourquoi m’appelle-t-on Rouge-gorge alors que je ne possède pas une seule plume rouge ?

Et l’oiseau tourna vers Notre-Seigneur ses grands yeux noirs et implorants puis regarda autour de lui. Là, il vit des faisans entièrement rouges sous une légère couche de poudre dorée, des perroquets aux amples cols rouges, des coqs à crête rouge, sans parler des papillons, des poissons rouges et des roses. Et tout naturellement l’infime quantité qu’il lui faudrait, rien qu’une goutte de peinture sur sa gorge, et il serait un bel oiseau et son nom lui conviendrait.

Pourquoi dois-je m’appeler Rouge-gorge alors que je suis tout gris ?

… Notre-Seigneur ne fit que sourire tranquillement puis dit : Je t’ai nommé Rouge-gorge, et Rouge-gorge sera ton nom, mais c’est à toi et à toi seul qu’il incombe de mériter tes plumes rouges.

… La seule idée qui lui vint à l’esprit fut de construire son nid dans un buisson d’épines. Il le bâtit ainsi parmi les épines d’un épais fourré d’églantiers. Comme s’il espérait qu’un pétale s’accrocherait à sa gorge et la teinterait de sa couleur.

Un nombre infini de jours s’étaient écoulés depuis ce jour-là, qui fut le plus joyeux des temps.

… Vint alors un autre jour, dont on allait se souvenir longtemps dans l’histoire du monde et le matin de ce jour-là, l’oiseau Rouge-gorge était perché sur une petite colline dénudée en face de Jérusalem et chantait pour ses oisillons cachés dans un petit nid dans l’épaisseur d’un buisson d’épines. L’oiseau Rouge-gorge racontait le merveilleux jour de la création et de la distribution des noms, … comme tous les oiseaux Rouge-gorge l’avaient conté depuis le tout premier qui avait entendu les paroles de Dieu et qui s’en était allé de la main de Dieu.

Et voyez aujourd’hui, termina-t-il tristement, tant d’années se sont écoulées, tant de roses ont bourgeonné, tant d’oisillons sont sortis de leurs œufs depuis le jour de la création… mais Rouge-gorge reste un petit oiseau gris qui n’a pas encore réussi à gagner ses plumes rouges. … Tous, nous avons agi de notre mieux, dit le petit oiseau, mais tous nous avons échoué. Le premier Rouge-gorge rencontra un autre oiseau qui lui ressemblait parfaitement, et il se mit tout de suite à l’aimer d’un amour si fort qu’il sentit sa poitrine s’embraser. « Oh, pensa-t-il alors, maintenant je comprends. L’intention de Notre-Seigneur est que j’aime avec tant de chaleur que l’ardeur de l’amour qui habite mon cœur colore de rouge les plumes de ma gorge. »… Il échoua cependant, comme tous les autres après lui….

Nous avons aussi placé nos espoirs dans le chant…. Le premier oiseau Rouge-gorge, déjà, chanta si généreusement que sa poitrine se gonflait d’exaltation et, une nouvelle fois, il se permit d’espérer. « Ah, pensa-t-il, c’est l’ardeur du chant qui habite mon âme qui va colorer en rouge mon plumage. »… Il échoua pourtant…

Que pouvaient-ils espérer, quand tant d’excellents ancêtres n’avaient pas réussi à atteindre le but ?

…/…

Zion Gate

[Une des portes d’entrée dans la vieille ville de Jérusalem – Photo personnelle – Jérusalem 2006]

L’oiseau s’interrompit au milieu de sa phrase car, par une des portes de Jérusalem, sortait une foule de gens, et cet important cortège monta vers la colline où l’oiseau avait son nid.

Il y avait là des cavaliers montés sur leurs fières montures, des soldats armés de longues lances, des assistants bourreaux portant clous et marteaux, il y avait des prêtres et des juges, marchant dignement, des femmes en pleurs et, surtout, un tas de gens courant dans tous les sens, la clique affreuse des batteurs de pavé.

…/…

Le petit oiseau gris craignait à chaque instant que le petit rosier sauvage ne fût piétiné. Faites attention à vous, cria-t-il aux petits sans défense…

Soudain, l’oiseau cessa ses cris d’avertissement, il resta pétrifié et silencieux. Il en oubliait presque le danger que lui-même courait.

… Non, ceci est trop horrible, dit-il. Je ne veux pas que vous voyiez ce qui se passe. On s’apprête à crucifier trois malfaiteurs.

… L’oiseau Rouge-gorge suivit tout le spectacle avec des yeux écarquillés d’horreur.

Que ces hommes sont cruels ! Il ne leur suffit pas de clouer ces pauvres créatures sur des croix, mais ils ont même ceint durement la tête de l’un d’eux d’une couronne d’épines. Je vois que les épines ont blessé son front, et que du sang s’en écoule. Et cet homme-là est si beau et porte autour de lui un regard si doux que tout un chacun devrait l’aimer.

… Il vit le sang qui coulait sur le front du crucifié et, cette fois, n’arriva pas à rester immobile dans son nid. … Et il quitta le nid et battit des ailes pour décrire de larges cercles autour du crucifié.

Il tourna ainsi plusieurs fois autour de lui sans oser s’approcher, car il était un petit oiseau farouche qui jamais n’avait osé s’approcher d’un homme. Mais progressivement il rassembla son courage, vola jusqu’à lui et, s’aidant de son bec, retira une épine qui s’était fiché dans le front du crucifié. Alors qu’il agissait ainsi, une goutte de sang du crucifié tomba sur la gorge de l’oiseau. Rapidement elle s’élargit, s’étala et colora toute les petites plumes tendres de sa poitrine.

Et le crucifié, entrouvrant ses lèvres, murmura à l’oiseau :

Grâce à ta miséricorde, tu viens de gagner ce que ton espèce a cherché à obtenir depuis la création du monde.

A peine l’oiseau fut-il retourné dans son nid que ses petits lui crièrent : « Ta gorge est rouge, les plumes de ta gorge sont plus rouges que les roses. »

Ce n’est qu’une goutte de sang du front de ce pauvre homme. Elle disparaîtra dès que je me baignerai dans un ruisseau. Mais le petit oiseau eut beau se baigner, la couleur rouge ne disparut pas de son plumage, et quand ses oisillons furent adultes, la couleur rouge sang brillait aussi sur les plumes de leur gorge… tout comme aujourd’hui….

[1] D’après Selma Lagerlöf, Père Noël (1901) repris dans les Légendes du Christ (1904)

Le texte est l’original de Selma Lagerlöf, Première femme à obtenir le Prix Nobel de littérature en 1909. Elle est plus connue pour avoir écrit Le merveilleux voyage de Nils Holgerson à travers la Suède.

 

Siula Grande.2

A Nazareth[1]

Un jour, du temps où Jésus n’avait que cinq ans, il était assis sur une marche du seuil de l’escalier de son père à Nazareth, occupé à fabriquer de petits rossignols en terre, à partir d’une boule de terre glaise que le potier d’en face lui avait donnée. Le bonheur de Jésus était immense car tous les enfants du quartier lui avaient parlé du potier comme d’un homme peu serviable….

Sur la marche de la maison voisine était assis Judas, … dont le visage était couvert de bleus et les vêtements pleins de déchirures récoltées dans ses bagarres perpétuelles avec les garçons des rues. Pour le moment il restait calme et, tout comme Jésus, il travaillait sur un morceau de terre glaise. Incapable lui-même de se procurer cette terre car le potier le haïssait. C’était Jésus qui avait partagé son bien avec lui.

A mesure que leurs rossignols étaient achevés, les enfants les disposaient en rond autour d’eux, identiques à tous les rossignols en terre.

Une nette différence apparaissait immédiatement dans le travail des deux petits camarades. Les oiseaux de Judas étaient si mal modelés qu’ils basculaient sans cesse, et, quel que fût le soin avec lequel il les pétrissaient dans ses petits doigts durs, il n’arrivait pas à rendre leurs corps menus et harmonieux. Régulièrement il jetait un regard en coin pour voir comment Jésus s’y prenait pour rendre ses oiseaux aussi lisses et réguliers que les feuilles des chênes du mont Thabor.

Le bonheur de Jésus grandissait à chaque oiseau terminé. Ils lui semblaient de plus en plus beaux et il les contemplait tous avec fierté et amour. Ils allaient devenir ses camarades de jeu, ses petits frères, ils dormiraient avec lui, lui tiendraient compagnie, lui chanteraient des chansons quand sa mère serait absente. Jamais il n’avait eu l’impression d’être aussi riche, jamais il ne se sentirait seul ou abandonné.

… Le porteur d’eau passa, … et juste derrière lui le marchand de légumes. Le porteur d’eau posa la main sur la tête de Jésus et lui posa des questions sur ses oiseaux et Jésus lui expliqua qu’ils avaient des noms et qu’ils savaient chanter. Tous ces petits oiseaux étaient venus vers lui de pays étrangers et lui parlaient de choses que seuls eux et lui connaissaient.

… Lorsqu’ils voulurent poursuivre leur chemin, Jésus montra Judas.

Regardez comme ils sont beaux les oiseaux de Judas !

Alors le brave marchand de légumes arrêta son âne et demanda à Judas si ses oiseaux aussi avaient des noms et savaient chanter. Mais Judas n’en savait rien. Il garda un silence buté et ne leva pas les yeux de son travail…. Le marchand de légumes, irrité, donna un coup de pied à l’un de ses oiseaux et il s’en fut.

… Le soleil descendit si bas que sa lueur put pénétrer par la porte basse de la ville, celle qui, ornée d’une aigle romaine, se dressait au bout de la rue. Ce rayon que le soleil allumait en fin de journée était du rouge des roses et donnait sa couleur à tout ce qu’il rencontrait sur son passage, à mesure qu’il se faufilait dans la ruelle. Il teintait aussi bien les cruches du potier que la planche qui grinçait sous la scie du charpentier ou le voile blanc encadrant le visage de Marie.

Mais là où ce rayon de soleil donnait son plus bel éclat, c’était dans les petites flaques d’eau accumulées entre les pierres irrégulières qui pavaient la rue. Et soudain Jésus plongea la main dans la flaque la plus proche de lui, car lui était venue l’idée de peindre ses oiseaux avec la lumière étincelante du soleil, celle qui avait si joliment coloré l’eau, les murs des maisons, et tout ce qui l’entourait.

Saint Pierre in Gallicantu.2

[Jérusalem : En descendant vers la vallée du Cédron – Photo personnelle 2006]

Alors la lumière du soleil accepta de se laisser prendre comme peinture dans un pot et, quand Jésus l’étala sur les petits oiseaux en terre, elle s’immobilisa et les couvrit de pied en cape d’un éclat comparable à celui des diamants.

Judas , qui de temps en temps jetait un coup d’œil sur Jésus pour voir si celui-ci fabriquait plus d’oiseaux que lui ou de plus beaux, poussa un cri d’émerveillement quand il vit Jésus peindre ainsi ses oiseaux avec la lumière du soleil subtilisée aux flaques de la rue. Et Judas trempa aussi sa main dans l’eau brillante pour essayer de lui prendre son soleil. Mais la lumière ne se laissa pas prendre par Judas. Elle lui glissa entre les doigts… et il n’arriva pas à capturer la moindre pincée de couleur pour ses malheureux oiseaux.

Attends, Judas ! dit Jésus. Je vais te peindre tes oiseaux.

Non, dit Judas. N’y touche pas. Ils sont beaux comme ils sont.

Il se leva, les sourcils froncés et les lèvres pincées. Puis il posa son large pied sur les oiseaux et, l’un après l’autre, les transforma en petites boules d’argile aplatie.

Quand tous ses oiseaux furent détruits, il s’approcha de Jésus, qui caressait ses petits oiseaux en terre scintillant comme des joyaux. Un instant, Judas les contempla en silence, mais ensuite il leva le pied et en écrasa un. Quand Judas releva son pied et vit le petit oiseau transformé en terre grise, il  ressentit un tel soulagement qu’il éclata de rire et leva le pied pour en écraser un deuxième.

Judas, cria Jésus, mais qu’est-ce-que tu fais ? Tu ne sais donc pas qu’ils sont vivants et savent chanter !

Mais Judas, riant toujours, en écrasa un autre.

         Jésus regarda autour de lui à la recherche de quelqu’un pour l’aider. … Il chercha sa mère des yeux. Elle n’était pas loin mais le temps qu’elle vienne, Judas aurait déjà détruit tous ses oiseaux. Les larmes vinrent aux yeux de Jésus…. Il ne lui restait plus que trois oiseaux. Alors, fâché contre ses oiseaux qui restaient immobiles et se laissaient piétiner sans tenir compte du danger, Jésus frappa dans ses mains pour les réveiller et il leur cria :

Mais envolez-vous ! Envolez-vous !

Et soudain, les trois oiseaux commencèrent à remuer leurs petites ailes et, en en battant maladroitement, ils réussirent, à voler jusqu’au bord du toit, où ils étaient en sécurité.

Mais quand Judas vit que les oiseaux se servaient de leurs ailes et volaient au commandement de Jésus, il se mit à pleurer… et il se jeta aux pieds de Jésus.

… Car Judas aimait Jésus, et l’admirait…

Marie, qui depuis le début avait assisté au jeu des enfants, se leva alors et souleva Judas pour l’asseoir sur ses genoux et le caresser.

Pauvre enfant, lui dit-elle. Ne sais-tu pas que tu viens de tenter quelque chose qu’aucune créature n’est en mesure de faire ? Ne t’engage plus dans ce genre d’entreprise si tu ne tiens pas à devenir le plus malheureux des hommes. Qu’adviendrait-il à celui d’entre nous qui oserait affronter celui qui peint avec le soleil et insuffle l’esprit de la vie dans l’argile mort ?

[1] D’après Selma Lagerlöf A Nazareth, dans l’Arc-en-ciel (1900) et repris dans les Légendes du Christ (1904)

Le texte est l’original de Selma Lagerlöf, Première femme à obtenir le Prix Nobel de littérature en 1909. Elle est plus connue pour avoir écrit Le merveilleux voyage de Nils Holgerson à travers la Suède.

 

 

Dans le jardin des mots : martyr… martyre…

Mon cher cousin,

J’emprunte l’intitulé « Dans le jardin des mots » à une grande dame, Jacqueline Worms de Romilly, helléniste, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et de l’Académie française. Il est le titre d’un livre [1] & [2] atypique pour celle qui fut professeur à la Sorbonne et nous a quittés en 2010.

Elle n’a pas traité ces mots qui aujourd’hui, après une nouvelle tragédie qui a endeuillé la nation, sont des concepts qui courent en boucle dans les innombrables articles de nombreux médias. Dans le désordre et sans épuiser le registre je voudrais évoquer « martyr, barbarie, radicalisation, valeurs, vandalisme … ». Ces mots qui sévissent dans les médias depuis de nombreux mois, à propos des actions menées dans de nombreux pays par des fanatiques se réclamant d’un « islamisme radical » méritent d’être revisiter. C’est en tout cas mon avis et sans prétendre faire le tour de la question ni moins encore rivaliser avec le talent et l’étendue de la culture de Jacqueline de Romilly, je vais m’essayer à l’exercice.

Dans un courrier tout récent je t’ai donné mes impressions sur la minute de silence qui a été observée le lundi 16 novembre.

Comme tout le monde a fait sans trop d’imagination le lien entre les événements du début janvier – « Charlie Hebdo » – tu ne seras pas étonné que je revienne moi aussi sur la tuerie qui a frappé le journal.

Pour commencer je me suis livré à une brève revue de presse en différé de l’événement pour situer mon sujet. Elle est assumée dans sa diversité mais je l’inscris telle que sans jugement de valeur sur le contenu ni sur les auteurs.

« Les abrutis qui ont massacré le 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo la fleur de l’intelligence française, symbole de l’esprit voltairien au meilleur sens du terme, nous rappellent la place tenue par nos chroniqueurs de l’époque comme contributeurs des Lumières. C’est cette richesse intellectuelle et morale qu’ont voulu tuer ces assassins dont la détermination et le professionnalisme dans l’horreur rivalisent avec le crétinisme le plus obscur. »

Noëlle Lenoir, 2015.01.08 [3]

« Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, s’est exprimé en français pour témoigner son soutien aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Mercredi en fin d’après-midi, il a déclaré que les journalistes assassinés aujourd’hui « sont des martyrs de la liberté ». Le secrétaire d’Etat a également professé : « Aujourd’hui, demain, en France, à travers le monde, le pouvoir de la liberté d’expression vaincra ».[4]

 « Y a-t-il une vie après Charlie Hebdo ? Quelle leçon en tirons-nous ? Certains sont plus logiques et affichent, comme une gloire de ne pas céder à une mode qu’ils pensent passagère : « Je ne suis pas Charlie ». Mais alors, qui sommes-nous après un tel drame ? Des croyants les yeux bandés, guidés par un aveugle sourd et muet ? Ne pas être Charlie aujourd’hui représente pour moi une justification du terrorisme. Ces journalistes-dessinateurs sont des martyrs de la liberté. » [5]

« Le journaliste français Jean-François Khan, fondateur du magazine Marianne, connaissait plusieurs victimes. «Tignous [de son vrai nom Bernard Verlhac] était mon ami, je l’avais embauché à Marianne, a-t-il raconté à La Presse. Ils [les journalistes du journal] sont morts dans leur combat contre le fanatisme et les dérives de la religion. Ce sont des martyrs de la liberté d’expression. En soi, ce n’est pas mon truc, Charlie. C’est un journal anarchisant qui aime la provocation. Personnellement, je ne crois pas que cela soit la bonne façon d’aborder les choses, mais cela n’empêche absolument pas son droit d’exister.»[6]

«… Mais nous refusons de nous associer à ce que Charlie Hebdo soit qualifié de martyr pour la cause de la démocratie et de la liberté d’expression et nous mettons en garde nos lecteurs d’être prudents face au programme réactionnaire qui motive cette campagne hypocrite et malhonnête. » [7]

 « Les morts de Charlie Hebdo sont des martyrs de la liberté totale d’expression. » Ironie sinistre, ou bien cynisme assumé ? [8]

Premier mot : « martyr »

Le mot martyr vient du grec martur qui signifie témoin. Le martyre est la mort ou les tourments que subit le martyr pour une cause.

« L’Église du premier millénaire est née du sang des martyrs : « Sanguis martyrum – semen christianorum » [9] . Les événements historiques liés à la figure de Constantin le Grand n’auraient jamais pu garantir à l’Église un développement comme celui qui se réalisa durant le premier millénaire s’il n’y avait eu les semailles des martyrs et le patrimoine de sainteté qui caractérisèrent les premières générations chrétiennes. Au terme du deuxième millénaire, l’Église est devenue à nouveau une Église de martyrs. Les persécutions à l’encontre des croyants – prêtres, religieux et laïcs – ont provoqué d’abondantes semailles de martyrs dans différentes parties du monde. Le témoignage rendu au Christ jusqu’au sang est devenu un patrimoine commun aux catholiques, aux orthodoxes, aux anglicans et aux protestants, comme le notait déjà Paul VI dans son homélie pour la canonisation des martyrs ougandais. (…)

En notre siècle, les martyrs sont revenus ; souvent inconnus, ils sont comme des « soldats inconnus » de la grande cause de Dieu. Dans toute la mesure du possible, il faut éviter de perdre leur témoignage dans l’Église. Comme il a été suggéré lors du Consistoire, il faut que les Églises locales fassent tout leur possible pour ne pas laisser perdre la mémoire de ceux qui ont subi le martyre, en rassemblant à cette intention la documentation nécessaire. Et cela ne saurait manquer d’avoir un caractère œcuménique marqué. L’œcuménisme des saints, des martyrs, est peut-être celui qui convainc le plus. La voix de la communio sanctorum est plus forte que celle des fauteurs de division. »

Saint Jean-Paul II, Tertio Millennio adveniente, n° 37 – Lettre apostolique ouvrant la préparation du Grand Jubilé de l’an 2000 

Lors de son « pèlerinage à la mémoire des martyrs du XXe siècle » le 8 avril 2008, le pape Benoît XVI a dit : « Ce XXIe siècle aussi s’est ouvert sous le signe du martyre ». Le Saint Père a fait remarquer que «  lorsque les chrétiens sont vraiment levain, lumière, et sel de la terre, ils deviennent eux aussi, comme c’est arrivé à Jésus, objet de persécutions, et comme lui ils sont un signe de contradiction ».

Mais il ne faut pas oublier d’autres nombreux martyrs qui ont aussi témoigné par la mort, par l’exil, par la déchéance tout au long de l’histoire biblique. L’histoire des derniers de l’Ancien Testament [10] se lit dans les deux livres des martyrs d’Israël qui raconte la révolte de Mattathias et de ses fils contre la tyrannie du roi Antiochus IV [11].

Permets-moi de revenir sur l’événement du 13 novembre. Ceux qui se sont fait sauter le caisson avec une ceinture d’explosifs prétendent eux aussi au glorieux titre de martyr.

Alors quel peut bien être le sens du martyre, l’acte par lequel on rend un témoignage, quand il est appliqué dans des contextes aussi éloignés que celui où des journalistes sont assassinés pour avoir caricaturé le prophète, les chrétiens des premiers siècles jusqu’à nos jours qui ont rendu témoignage au Christ en mourant plutôt que de trahir leur foi et des fanatiques qui choisissent de perdre la vie entraînant dans la mort des centaines d’innocents ?

Personne sans doute n’est titulaire exclusif d’une identité sémantique et si nous sommes très attachés à la richesse de sens des mots, à vouloir trop élargir le champ d’application le résultat est que le mot perd de sa signification.

Pour ma part tu comprendras que je ne partage pas de « panthéoniser » les journalistes de « Charlie Hebdo » comme des martyrs, fût-ce de la liberté d’expression. La liberté a-t-elle vraiment besoin de « ces témoins » ? Je n’entrerai pas ici dans un nouveau débat qui a déjà eu lieu en janvier et que les événements récents justifient pour certains qu’on les réchauffe. Quand on va au combat l’arme à la main, même si l’arme n’est qu’un crayon on peut s’attendre à ce qu’elle se retourne contre nous … et cette fois elle n’est plus un crayon. … Ce qui, bien évidemment, n’est pas supportable. J’admets qu’ils soient des témoins d’une cause mais je laisse à ceux qui la partagent la liberté de les mettre sur les « autels républicains » !

Je suis Charlie.3.2

Si un fanatique djihadiste met une ceinture d’explosifs pour aller plus vite et pas tout seul, hélas pour les innocents qu’il entraîne avec lui, au paradis d’Allah, il ne témoigne que d’une chose, de sa folie, ce qui est bien le sens du mot fanatique. Eux non plus ne sont pas des martyrs parce que leur cause est insensée.

Quant aux chrétiens, ils n’ont pas prétendu au martyre ni ne l’ont cherché par vocation eux par qui tout a commencé. Leur longue histoire qui du Colisée et des cirques de Rome s’est poursuivie tout au long des siècles jusqu’à aujourd’hui s’est aussi déroulée dans des « théâtres plus contemporains » qui ont pour nom : révolutions, guerres civiles, lutte idéologique assortie de lutte armée, dictatures…

Martyre de saint Etienne02

Ils ont répondu, parce que les circonstances les y ont conduits, debout dans les arènes, cloués sur des croix, torturés dans des camps, envoyés dans tous les goulags de la planète… sans jamais chercher cette palme parce qu’ils voulaient avant tout vivre pour témoigner. Ils savaient que Jésus l’avait annoncé [12] mais ils avaient surtout entendu le message donné aux apôtres après l’ascension : « Allez dans la monde entier, faites des disciples » [Matthieu, 28,19]. C’est à eux qu’en premier le témoin a été passé. Et ce témoin a couru de main en main transmis par ces témoins jusqu’à aujourd’hui parce que la course ne peut pas s’arrêter.

Et surtout, si la couleur du martyre est le rouge, le rouge du sang versé, elle est aussi celle de la charité. Ainsi en a décidé saint Jean Paul II le 10 octobre 1982 en canonisant saint Maximilien Kolbe [13].

Saint Maximilen Kolbe

Pizzicatho

2015.11.21

[1] http://www.canalacademie.com/ida2199-Dans-le-Jardin-des-mots-un-livre-de-Jacqueline-de-Romilly.html

[2] http://www.livredepoche.com/dans-le-jardin-des-mots-jacqueline-romilly-de-9782253124382

[3] http://blogs.lexpress.fr/noellelenoir/

[4] http://www.itele.fr/france/video/john-kerry-les-journalistes-assassines-sont-des-martyrs-de-la-liberte-106810

[5] http://www.croixdunord.com/la-vie-apres-charlie-les-lecons-dun-martyr-pour-la-liberte-seront-elles-entendues_3166/

[6] http://www.lapresse.ca/international/dossiers/attentats-a-paris/201501/08/01-4833403-des-martyrs-de-la-liberte-dexpression.php

[7] https://www.wsws.org/fr/articles/2015/jan2015/pers-j10.shtml

[8] http://www.bvoltaire.fr/tomasteri/de-la-liberte-dexpression-et-de-la-violence,151029

[9] Tertullien, Apologétique, 50,13

[10] Jacqueline de Romilly aurait aussi fait remarquer que l’étymologie latine de testament est testis qui signifie témoin.

[11] Lire le bouleversant récit in Deuxième livre des martyrs d’Israël, chapitre 7.

[12] Jean, 15,20 ; Matthieu, 5, 10 ; Luc, 21, 12-19

[13] http://www.immaculee.org/page.php?id=43

 

 

Une minute de silence …

Pray for Paris.5.2

« Souvent le silence est une réponse »

Ménandre[1]

Mon cher cousin,

Lundi la France sidérée par les attentats du 13 novembre a observé la traditionnelle « minute de silence » pour « témoigner ».

Je comprends bien que ce soit une manifestation de … justement, je me demande de quoi. De solidarité ? De compassion ? … Mais je pose aussi la question : à quoi cela sert-il ? Il n’y a rien de plus pesant que le silence dans ces circonstances, et l’on est presque soulagé quand la minute se termine. … C’est long une minute quand on compte mentalement chaque seconde.

Je me pose une autre question : et si au lieu d’un silence vide comme un désert on l’habitait intérieurement. Au lieu d’être simplement une minute vide, perdue dans le vague des regards tout aussi vides qui, il faut bien l’avouer, ne savent pas très bien sur quel horizon se fixer, on la remplissait de contenu…, de prière.

… J’entends déjà les réflexions habituelles : « Ça sert à quoi de prier dans ces circonstances ? Dieu ? … n’aurait-il pas pu empêcher, cette guerre, cette catastrophe, cette maladie, … toutes ces épreuves qui brisent nos existences. » La litanie des « responsabilités » qui pèsent sur ce Dieu qui reste sourd se déroule à l’infini.

Voilà que seront toujours affrontées face à face les deux attitudes, dans un duel intemporel autant que sans issue. Et il n’y a pas de réponse … En tout cas la minute de silence perd toute signification si on la met en face de la prière, sous le prétexte qu’elle ne sert à rien. La minute de silence n’a pas plus d’efficacité. Ceux qui l’observent ont-ils construit quelque chose ? Le silence tout seul est l’abîme du désespoir alors que la prière, qui souvent s’inscrit aussi dans le silence, engendre l’espérance. Le silence est un mur d’incompréhension, une frontière qui isole et qui dresse une barrière franchissable seulement sous condition. La prière est un pont qui conduit l’âme à la rencontre de Dieu… ou si ce n’est d’un Dieu que l’on connaît au moins d’une aspiration.

Je n’aime pas les minutes… pas plus que les secondes de silence qui nous transportent au bord de l’éternité du vide.

Je crois à la vertu, à la force, de la prière qui peut-être sans rien apporter de tangible, dans l’instant, porte en elle un élan qui maintient debout face à la tempête.

Le plus beau symbole du silence et de la prière sera toujours celui du Golgotha. Après avoir lancé vers le ciel, dans le peu de souffle qui lui restait, son ultime parole « Consummatum est », Jésus rendit son esprit. Il ne reste plus au pied de la Croix dressée sur le monde, qu’une mère et un fils qu’elle vient de recevoir… Sa dernière parole est aussi la porte qui ouvre sur un grand silence mais il est habité de prière et d’espérance. Sans doute seule, Marie, toute à sa douleur, sait-elle en cet instant, dans son cœur, que cette porte appelle l’espérance, celle qu’elle a ouverte depuis l’Annonciation. Elle est aujourd’hui et toujours, au milieu des vicissitudes de la vie l’icône inscrite dans le cœur du chrétien qui sait que sa foi n’est pas vaine.

« Souvent le silence est une question … »

Pizzicatho

2015.11.17

Pray for Paris.4.2

Le logo modifié s’inscrit sur deux photographies prises à Lourdes en mars 2010 qui représentent respectivement la quatrième et la treizième stations du Chemin de Croix de Lourdes sculptées dans le marbre par Maria de Faykod[2] pour célébrer le 150° anniversaire

[1] http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FE/12/Men/Menandre.htm

[2] http://www.musee-de-faykod.com/chemindecroix.html

 

 

 

 

 

10. mai 2015 · Ecrire un commentaire · Catégories: Calamus · Tags:

« E troppo rosso ! »

Le volon rouge - Stradivarius Huberman-Gibson

 

Je vais commencer par la fin de l’histoire ou plus exactement par l’actualité de ce stradivarius à travers le temps. L’histoire de sa naissance a commencé par une nuit froide de l’hiver, en 1706, dans les Alpes du Nord de l’Italie pour aboutir en 1713 dans l’atelier du maître luthier Antonio Stradivari. Le roi Philippe V d’Espagne envoie son maître de musique en Italie pour commander un violon aux maîtres luthiers de l’époque Amati, Guarneri et Stradivari. C’est chez Antonio Stradivari qu’il entre dans l’espoir de trouver un violon qui comblera le roi, mais pour des raisons qui restent bien éloignées de l’amour de la musique… Quand Stradivari présente à l’envoyé du roi un violon, il s’entend dire « E troppo rosso ! ». Et voilà comment le stradivarius acquiert son premier nom (ou surnom) et commence son aventure publique. Mais son histoire allait prendre un tour rocambolesque…

Nous sommes en janvier 2007 à Washington D.C.[1] Dehors il fait froid. Peut-être pour cette raison un musicien a-t-il choisi l’entrée de la station L’Enfant Plaza du métro pour exercer son art, espérant ainsi gagner un peu sa vie. Une casquette est vissée sur sa tête et il tient son violon. C’est le matin, à une heure de pointe. Des centaines de personnes, à l’instar de toutes les stations de métro du monde, vont passer par cette station, d’un pas rapide. Rares sont celles qui vont s’arrêter un court instant pour écouter quelques notes. Auront-elles reconnu la chaconne de la 2° partita de J.S. Bach, l’Ave Maria de F. Schubert, Massenet et encore Bach.

Le violoniste aura joué pendant trois quarts d’heure et aura en tout et pour tout gagné 32 dollars. Puis il est reparti comme il était venu.

Personne n’aura reconnu Joshua Bell, l’un des plus grands violonistes du moment ni le « violon rouge » qui revit sous ses doigts.

Revenons maintenant aux Tribulations d’un stradivarius en Amérique de Frédéric Chaudière (Actes Sud, 2005).

Avant de commencer l’histoire elle-même il prévient « Ce récit est une œuvre de fiction basée sur vingt ans d’expérience professionnelle… Je me suis librement inspiré d’éléments rapportées [dans la presse] pour composer un récit qui ne constitue ni une enquête journalistique ni un essai historique. »

Le récit s’ouvre sur une histoire dramatique survenue au propriétaire du violon en 1936, Bronislaw Huberman. Il est en concert au Carnegie Hall de New York. Un concert de prestige avec Toscanini au pupitre et parmi les invités à assister au concert A. Einstein. Huberman a deux violons, un stradivarius et un guarnerius. Il joue ce soir-là le guarnerius pendant que le stradivarius dort dans son étui. Le concert terminé… le stradivarius a disparu.

Ainsi commence, au sens strict de l’adjectif, l’aventure extravagante du stradivarius, le « violon rouge ».

Nous l’avons déjà rencontré en introduction mais le récit palpitant que nous offre Frédéric Chaudière nous conduira d’abord aux origines, en Italie du Nord dans la région où sont nés les plus prestigieux violons qui, sous les doigts des plus grands virtuoses d’aujourd’hui, font vibrer les concertos et autres sonates et partitas des plus grands compositeurs.

Le récit se déroule en deux grandes parties : la première nous emmène à Crémone où nous apprenons tous les secrets qui contribuent à la valeur instrumentale du violon. Nous y sommes conduits par un maître luthier qui sait tout sur les bois, les colles, les vernis dont ils sont faits. Nous fréquentons les facteurs crémonais, Amati, Guarneri et bien sûr la famille Stradivari. Nous apprenons la préhistoire du violon rouge depuis sa naissance dans les ateliers du père, le génial Antonio Stradivari et aussi nous faisons connaissance avec la famille Stradivari. C’est toute l’histoire du violon et des luthiers Amati, Guarneri et Stradivari qui se déroule pendant les deux tiers du récit, à mon sens la partie plus intéressante du récit.

La deuxième partie est contemporaine et nous entraîne dans les années de galère de notre pauvre violon rouge, qui commence une odyssée de 50 ans au terme de laquelle il aurait pu disparaître à tout jamais après sa tragique subtilisation au Carnegie Hall. Et Joshua Bell n’aurait pas pu faire retentir Bach dans le métro de Washington avec lui. Il sera maltraité, brutalisé, jusqu’à être réduit au rang d’un vulgaire cendrier, tatoué par la folie d’un homme qui va sombrer dans la déchéance humaine entraînant avec lui dans sa descente aux enfers le stradivarius.

Cette deuxième partie, à peine croyable, m’a même valu d’échanger un courrier avec l’auteur pour préciser ce qu’il dit dans son introduction : « Ce récit est une œuvre de fiction ». J’avais essayé de suivre sur la toile la trace du violon rouge mais elle est notablement romancée à la suite d’un film qui porte son nom et qui, me semble-t-il, est, quant à elle, une fiction qui n’a rien à voir avec l’histoire de l’authentique violon rouge si ce n’est que la partie musicale du film est interprétée par Joshua Bell jouant le véritable violon rouge, notre stradivarius. Quant au récit de Frédéric Chaudière il raconte sur le mode fictionnel le parcours chaotique mais bien réel du violon rouge.

Il nous entraîne dans l’épopée qui entraîne malgré lui le violon rouge dans les milieux sordides des plus glauques des bouges des grandes villes américaines avec comme intermèdes d’invraisemblables apparitions, bien réelles pourtant, sous les doigts d’un violoniste raté (mais peut-être pas sans de réelles capacités inexploitées par paresse).

Le violon rouge aurait pu y laisser « sa peau » … ou plutôt son vernis inclassable, sans l’opiniâtreté et la touche d’indéniable intuition d’un amateur éclairé qui retrouve providentiellement sa trace en 1986. Après ces péripéties, le violon rouge, aussi connu sous diverses identités successives, « Huberman » du nom du propriétaire auquel il fut volé, a retrouvé aujourd’hui son identité première, le « Gibson ». Il revit aujourd’hui et c’est pour notre plus grand bonheur et aussi pour l’honneur d’Antonio Stradivari, sans le génie de qui il n’aurait pas vu le jour. « E troppo rosso ! …

Le récit est très agréable à lire et surtout il nous rend cet instrument encore plus sympathique d’autant qu’il reste, à mon sens, l’un des plus mystérieux et que les compositeurs qui leur ont donné de s’exprimer autant que les virtuoses qui les font vivre ont tous une originalité et une personnalité exceptionnelles.

[1] https://youtu.be/hnOPu0_YWhw


Mon cher cousin,

Il est des jours où, avec la meilleure volonté du monde et toutes convictions confondues, il est difficile de comprendre dans quel monde nous vivons.

Je ne sais pas ce que tu penseras de ce qui s’est passé le 7 janvier 2015, à Paris.

Un attentat criminel perpétré contre un journal. Sans céder à l’espèce d’hystérie collective qui a saisi des millions de personnes, oubliant ce qu’est Charlie Hebdo, qualifier de criminel  l’acte qui a frappé collectivement la rédaction du journal ressort du plus élémentaire sans commun.

Même seulement en passant, et sans prétendre à un acte prophétique, j’ai consacré indirectement une chronique à ce même journal, il y a quelques mois à l’occasion de la disparition d’un de ses fondateurs, Cavanna qui venait de disparaître [1].

Il est inutile, je présume, de te rappeler que Charlie Hebdo n’était pas pour moi une source d’information même occasionnelle. Dans les circonstances tragiques qui ont propulsé le journal sur le devant de la scène, il ne serait pas convenable de se lancer dans la polémique.

Pour d’autres prises de position, on verra plus tard.

J’en ai déjà beaucoup lu et entendu car les médias, bien sûr, toutes tendances confondues, endossent aujourd’hui la veste ensanglantée de Charlie Hebdo.

Demain en France, c’est jour de deuil national, par la volonté du Président de la République qui n’a pas hésité à qualifier les victimes de « héros ».

Demain à midi comme en d’autres occasions sera observée une minute de silence.

Une première réaction à l’écoute ou à la lecture des innombrables témoignages est celle-ci : Il me semble que, même si l’information à chaud sur une question aussi sensible, et indépendamment de la cible visée, est évidemment compréhensible, il faudra bien qu’un jour tous ceux qui ont fait des déclarations, sous le coup de l’émotion, une fois celle-ci retombée, reviennent sur leur portée et réfléchissent à leurs propos. Même si l’on ne sait encore que peu de choses, à l’heure où j’écris, sur les responsables de l’attentat, il faut bien avouer que déjà une direction a été prise. La piste « islamique » est évidemment privilégiée, et c’est logique au vu de ce que représentait Charlie Hebdo pour cette mouvance.

Mais au-delà de cette piste présumée, que de déclarations ont déjà été faites qui n’échappent pas à l’amalgame : l’obscurantisme, le refus de la modernité, … j’en passe, dont sont responsables les religions. La cible étant Charlie Hebdo, que de fois ai-je déjà entendu la revendication du « droit au blasphème [2] ». Et ce n’est qu’un échantillon des « professions de foi », si tu me permets cette expression paradoxale.

Wolinski, l’une des victimes, était, à l’occasion des obsèques de Jacques Chancel, à l’Eglise Saint-Germain-des-Prés le 6 janvier au milieu d’une foule de personnes de tous les horizons, venues rendre un dernier hommage au grand journaliste qu’il a été, pour certains sans doute un exemple de professionnalisme haut de gamme, dans cet exercice difficile d’écrire ou de dire « l’opinion ». Wolinski déclarait qu’il aimait, lui, le caricaturiste que l’on connaît, dessiner cette église, lui, l’athée et le libertaire, dont les convictions allaient dans une toute autre direction que celle de l’Église.

Je t’entends déjà me dire : « Où veux-tu en venir ? »

C’est presque la « providence », -et je te précise que je n’entends pas établir un lien de causalité entre les événements-, qui vient de rapprocher ces morts successives.

Cela pour dire combien je suis étonné, chaque fois qu’une personne du monde des médias quitte ce monde, de voir se rassembler au cœur de Paris, dans l’église Saint-Germain-des-Prés, des hommes et des femmes que l’on voit plus habituellement sur les écrans, signer des articles ou des dessins dans des journaux, prononcer des discours, faire des déclarations, parcourir l’hexagone pour une campagne politique, … etc. Un peu comme si Saint-Germain-des-Prés, l’église, était une autre scène où se produire.

Que représente pour eux cette nef qui converge vers un autel sinon une autre façon de « monter les marches à Cannes ».

Entendent-ils…, écoutent-ils…, comprennent-ils… vraiment les mots que prononce le prédicateur dans son homélie ? Ce qui rassemble ces « spectateurs » c’est un événement bien particulier : la mort.

Que représente pour eux le mystère qui est célébré lors des funérailles chrétiennes ?

La vie… La mort ! …

Pour revenir sur la tragédie qui endeuille la France, les propos n’ont pas manqué qui parlaient du « paradis » où se trouvent désormais les victimes. Et il n’a pas manqué de dessins…- c’était trop tentant !- qui mettent en présence les victimes de Charlie Hebdo avec un « Dieu le Père » avec lequel ils ont bien souvent du crayon…

Je ne reviens pas sur plusieurs de mes lettres que je t’ai déjà adressées dont le sujet était justement le départ de personnalités pour l’autre monde. Mais, avec un peu de bonne volonté, tu pourras peut-être comprendre le message.

Pour terminer je t’en délivre deux. Ils s’inscrivent dans l’actualité du jour.

« Le Saint Père exprime la plus ferme condamnation pour l’horrible attentat qui a endeuillé ce matin la ville de Paris », a indiqué le porte-parole du Vatican, dans un communiqué.

Le glas sonnera à Notre-Dame de Paris jeudi midi

« L’Eglise catholique s’associera jeudi à la journée de deuil national en hommage aux victimes de l’attentat dans les locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et fera sonner le glas de la cathédrale Notre-Dame à midi », a annoncé le diocèse de Paris. « La messe qui suivra cela célébrée en pensant aux victimes et à leurs familles », ajoute l’évêché dans un communiqué.

(à suivre…)

 Pizzicatho

2015.01.07

 http://youtu.be/k1-TrAvp_xs

 

[1] http://www.calamus-scriptorius.org/2014/02/

[2] En boucle sur France Info dans son édition spéciale du 7 janvier.

Ces quelques mots pour introduire le courrier que je transmets en pièces jointes. Je l’envoie à l’occasion de Noël 2014 et de la nouvelle année 2015 à la plupart des amis et des connaissances entrés dans mon carnet d’adresses au fil des années dans les circonstances les plus diverses.

Ce n’est ni l’improvisation ni le hasard qui me conduit à l’envoyer (presque) sans faire de sélection.

Le seul risque que je prends en envoyant un courrier de ce style, non sans une tonalité de provocation que j’assume, est d’avoir d’heureuses surprises… même si je n’en saurai peut-être jamais rien. Je souscris à ce que Saint-Exupéry fait dire au petit prince dans cette merveilleuse formule qu’un homme de foi ne renie pas : « L’essentiel est invisible pour les yeux » dit le renard. Et le petit prince de répéter : « L’essentiel est invisible pour les yeux ». Et le renard de poursuivre : « les hommes ont oublié cette vérité. » 

Cette année encore c’est avec la même émotion de toujours qu’à la Messe de Minuit, comme c’est une tradition liturgique, je me suis mis à genoux au verset du Credo « Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme ». Le pape François dont on sait qu’il n’est pas à court d’innovation en paroles et en gestes, a demandé cette année qu’un orchestre symphonique interprète l’ « Et incarnatus est » de la Messe en Ut mineur de W.A. Mozart pour solenniser encore plus le verset[1]. cf. http://www.calamus-scriptorius.org/2014/01/

La première pièce jointe est la lettre que j’envoie pour transmettre mes vœux… simples et directs !

La deuxième est une vidéo de presque 5’ (pas plus !). Vous avez le choix de seulement contempler la beauté des tableaux soutenue par la paisible musique venue tout droit d’un Extrême-Orient qui a su se laisser inspirer, sans se renier, par le mystère chrétien. … La preuve que les civilisations ne sont pas imperméables les unes aux autres et peuvent dialoguer dans la paix et l’harmonie. Quant aux paroles chacun en tirera en toute liberté ce qu’il voudra.

 

Giotto di Bondone.03

Giotto di Bondone – Scènes de la vie du Christ : Nativité – Fresque 1304-1306

Chapelle Scrovegni (Chapelle de l’Arena), Padoue

Le simple abri sous lequel la Vierge et son enfant cherchent refuge est situé au milieu d’un sombre paysage rocheux. Marie se tourne de côté sur le lit afin de recevoir le nouveau-né des bras d’une sage-femme – un geste naturel et spontané que le regard de la mère et de l’enfant amplifie encore. Bien périphérique, cet échange de regards semble être le véritable centre de l’image, encore élargie pour inclure la scène de l’annonce aux bergers.


 

Les mots qui introduisent ce message de Noël ne sont pas d’un théologien ni même d’un prêtre dans son homélie de la Messe de la Nativité mais extraits de l’Éditorial d’un journal[2].

 « De la lumière à la lumière …

Qui est-il, cet enfant au fond de la crèche dont on devine les bras ouverts ? Qui est ce jeune homme au regard attentif, protégeant de sa main la vive flamme ?

 « De la souffrance à l’amour …

Cette crèche se trouve en Irak, dans la ville d’Erbil où tant de famille viennent chercher refuge. Elles ont tout quitté parce qu’elles voulaient rester fidèles à leur foi, parce qu’elles cherchent la paix.

« De l’attente à l’espérance …

Au loin un enfant attend. Son regard semble scruter l’immensité de la vie. Il s’approche, portant comme un trésor, cette flamme fragile. Fragile comme un nouveau-né. 

Dans la profonde nuit de Galilée voici plus de 2000 ans, l’Évangile rapporte que des bergers entendirent ces paroles : « Soyez sans crainte… Aujourd’hui vous est né un sauveur qui est le Christ Seigneur. »

« Ce nouveau-né a, lui aussi, fui la barbarie et la mort. Il a connu l’exode… Il demeure le signe de toutes les espérances humaines, de l’amour qui resplendit dans la chaîne ininterrompue de la vie. »

 

Notre monde est empêtré dans ses contradictions.

D’un côté ceux qui ne veulent pas entendre parler de symboles religieux, qui, selon eux, attentent à une certaine forme de liberté sous prétexte de « laïcité ».

De l’autre, parfois aussi les mêmes, ceux qui, pour des motivations que l’on ne comprend pas très bien, manifestent une « vague » sensibilité à l’égard des chrétiens persécutés, en Irak et en bien d’autres points du globe… mais sans plus.

Où est la cohérence ?

J’y vois plutôt l’incohérence du « politiquement correct» qui s’accorde avec l’incohérence des convictions.

Mais pour tant de chrétiens installés dans le confort et la passivité qui n’ont plus le courage d’affirmer leur foi c’est un peu comme si « tout ça » n’était rien d’autre que la mémoire historique enfouie sous les strates de l’indifférence … avant de sombrer dans l’oubli.

 J’emprunte les derniers mots au pape François :

« Il est salutaire de se souvenir des premiers chrétiens et de tant de frères au cours de l’histoire qui furent remplis de joie, pleins de courage, infatigables dans l’annonce et capables d’une grande résistance active. Il y en a qui se consolent en disant qu’aujourd’hui c’est plus difficile ; cependant, nous devons reconnaître que les circonstances de l’Empire romain n’étaient pas favorables à l’annonce de l’Évangile, ni à la lutte pour la justice, ni à la défense de la dignité humaine. A tous les moments de l’histoire, la fragilité humaine est présente, ainsi que la recherche maladive de soi-même, l’égoïsme confortable… ».[3]

 C’est toujours Noël, le joyeux message de la Nativité, prélude à une nouvelle année que je souhaite à chacun belle et remplie d’espérance… l’espérance de Noël et de son inestimable message dont l’actualité échappe au cours du temps qui passe.

2014.12.25 – 2015.01.01

 

 

 

[1]http://fr.radiovaticana.va/news/2014/12/23/et_incarnatus_est_de_mozart_pour_la_messe_de_la_nuit_de_no%C3%ABl_%C3%A0_saint-pierre/1115847

[2] http://www.ouest-france.fr/editorial-joyeux-noel-3080303

[3] La joie de l’Evangile, 263 in http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html


Bréhat - Le soir et coucher de soleil (35.panorama Force 0)En Bretagne

 

Marc, 1, 35-37

Au bord du lac de Tiberiade (6.2)

 

 

 

 

 

35       Le matin, s’étant levé longtemps avant le jour, il sortit, s’en alla dans un lieu désert, et là il priait.

36       Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche;

37       et l’ayant trouvé, ils lui dirent : « Tout le monde te cherche. » 

 Au bord du lac de Tibériade [Jérusalem, 2006]

 

Y a quelqu'un

[1]J’ai lu quelque part : « Dieu existe, je l’ai rencontré ! »

Ca alors ! Ça m’étonne !

Que Dieu existe, la question ne se pose pas ! Mais que quelqu’un l’ait rencontré avant moi, voilà qui me surprend !

Parce que j’ai eu le privilège de rencontrer Dieu juste à un moment où je doutais de lui !

Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes, il n’y avait plus personne.

Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais quel instinct, je suis rentré…

Et, là, ébloui… par une lumière intense…insoutenable !

C’était Dieu… Dieu en personne, Dieu qui priait !

Je me suis dit : « qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même ? Pas lui ? Pas Dieu ? »

Non ! Il priait l’homme ! Il me priait moi ! Il doutait de moi comme j’avais douté de lui !

Il disait : Ô homme ! Si tu existes, un signe de toi !

J’ai dit : Mon Dieu, je suis là !

Il dit : Miracle ! Une humaine apparition !

Je lui ai dit : Mais mon Dieu…comment pouvez-vous douter de l’existence de l’homme, puisque c’est vous qui l’avez créé ?

Il m’a dit : Oui…mais il y a si longtemps que je n’en ai pas vu dans mon église…que je me demandais si ce n’était pas une vue de l’esprit !

Je lui ai dit : Vous voilà rassuré, Mon Dieu !

Il m’a dit : Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut : « L’homme existe, je l’ai rencontré ! »

Raymond Devos

… Oui, c’est vrai « Tout le monde te cherche… ! »

Y a quelqu'un Même une personne qui se dit « Citoyenne du monde libre » et qui avoue « Je vote Front de gauche ! » [2]

PS : Je ne connais pas cette personne mais il est intéressant de trouver ce texte avec des commentaires … même s’il faut bien avouer que le chemin est long.

[1] http://www.dailymotion.com/video/xafxz4_tremplin-croire-en-dieu-sketch-de-r_webcam

[2] http://citoyennedumonde.hautetfort.com/archive/2006/07/12/dieu-existe-je-l-ai-rencontre.html

 

Mon cher cousin,

En plein été dans Le Monde Festival[1] on pouvait lire dans la rubrique « Des personnalités racontent une histoire singulière qu’elles ont eue avec « Le Monde », datée du 2014.08.28, cette chronique qui fait un retour sur un article que j’ai eu l’occasion de commenter dans un de mes courriers précédents : « En attendant un conclave »[2].

Solange Bied Charreton.2

 

Quel  n’est pas mon étonnement à la lecture de cette chronique estivale d’en apprendre un peu plus sur son auteur, Solange Bied-Charreton et surtout sur sa déconvenue quant à l’accueil plus que mitigé de son article dans les médias.

Le chapeau de la chronique est celui-ci : « 28 février 2013 : Benoît XVI renonce à sa charge. Très vite se pose la question de sa succession : qu’attend-on du nouveau pape ? Pour la première fois, Solange Bied-Charreton, jeune romancière catholique, s’exprime dans « Le Monde ».

Ainsi donc Solange Bied-Charreton est classée comme « une jeune romancière catholique ».

Avant de revenir sur la chronique de cette « histoire singulière » la concernant, intitulée « Le jour où Solange Bied-Charreton vexe les catholiques dans « Le Monde », permets-moi de faire un détour pour essayer de cerner la personnalité de Solange Bied-Charreton.

N’ayant lu aucun de ses livres et n’ayant aucune autre référence sur l’auteur que les articles du Monde, j’ai erré sur la toile à la recherche de quelques éléments d’orientation. Tu me rétorqueras qu’avant d’aller plus loin je devrais au moins lire quelques pages de ses livres ! A quoi je te répondrai que je pense en savoir déjà assez pour m’en faire une opinion sinon définitive, du moins bien documentée. Ses articles en disent long sur elle-même.

Ainsi, j’ai rencontré un personnage au parcours somme toute plutôt banal[3] et qui ne sort pas des sentiers battus. Des études honorables, sans plus. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir fait un parcours brillant et exceptionnel pour accéder à la notoriété.

J’ai aussi trouvé sur un blog cette note critique de son premier roman « Enjoy », signé par François Maillot, PDG de La Procure.

Enjoy Bied-Charreton-Solange

« Il est difficile d’écrire sur les livres des amis, surtout lorsqu’il s’agit de romans. Non pas pour une médiocre affaire de complaisance et de renvoi d’ascenseur (Solange et moi ne connaissons comme ascenseur que celui de la petite Thérèse) … En faisant résolument basculer son histoire vers une humanité cabossée mais réellement vivante, à laquelle Charles et Gauthrin finiront par aspirer, Solange Bied-Charreton laisse la place à une réelle compassion, sans pathos ni mouchoirs, juste suggérée à l’attention du lecteur réellement présent à ce qu’il lit. C’est alors, la béance du vide de ce monde sans Dieu et dont l’humanité s’expulse elle-même qui apparaît. Se dessine enfin ce portrait de l’homme en marche vers sa destinée : une quête de Dieu, d’amour, de rédemption l’habite inexorablement. Il n’aura de repos de l’avoir trouvé. »[4]

Tu l’auras bien compris, et si tu suis avec attention mes courriers, je cherche la présence de Dieu dans la vie de ces personnes dont je parle, des vivants et des disparus.

Tu comprendras aussi ma surprise à la lecture de la chronique intitulée « Le jour où Solange Bied-Charreton vexe les catholiques » dans « Le Monde ».

J’y viens ! Je dois avouer qu’à la relecture de l’article du Monde paru en 2013 et la chronique qui lui fait suite plus d’un an après je ne parviens pas à émerger d’une grande perplexité. Je ne prétends pas connaître Solange Bied-Charreton sinon par ces quelques bribes de commentaires sur elle-même et sur ses écrits.

Je relève quand même ces quelques phrases : « Quand on m’a demandé d’écrire sur le pape, j’ai craint de voir mon rôle se réduire à celui d’un auteur chrétien… Une jeune catholique qui fait de l’humour, ça ne correspond pas à la case dans laquelle on a rangé l’Eglise ».

J’ignore à vrai dire tout de la foi de celle qui s’intitule une « jeune catholique qui fait de l’humour », d’autant plus qu’elle avoue aussi : « Je ne souhaitais pas parler de ma foi, ni de celle des autres. » Mais quand même, et sans entrer dans la polémique que son article a suscitée, il n’était pas évident à comprendre et moins encore cet « humour catholique » -j’avoue humblement inventer la formule en torturant peut-être un peu la sienne- et la tentative de justification récente ne me semble pas très convaincante.

Quand en 2013 Benoît XVI renonce à la fonction pour laquelle il a été élu en 2005 pour succéder à Jean Paul II, c’est une sorte de bombe à retardement qui explosera quand son successeur sera élu, un « inconnu » du monde médiatique, même si, comme il est normal, on le découvre peu à peu et on découvre aussi une personnalité hors du commun, surtout pour la fonction qu’il est appelé à exercer à la tête de l’Église catholique. A son sujet j’ai lu un long entretien qu’avait accordé le cardinal Jorge Bergoglio[5]. J’en ai déjà parlé dans l’article précédent http://www.calamus-scriptorius.org/adios-a-dios/ . Personnellement je n’aime pas le titre de la version traduite « Je crois en l’homme » car il peut être lu d’une manière ambiguë. Mais le contenu lui-même est très intéressant, surtout quand on lit cet entretien, qui date de 2010, en 2014 après plus d’un an de pontificat du pape François.

Je reviens à Solange Bied-Charreton.

Aujourd’hui, on peut rire de tout, se moquer, même ridiculiser, et on ne s’en prive pas quand il s’agit de l’Église et des personnes qui exercent une responsabilité parce qu’elles sont en vue. Et en particulier le pape. Le pape François échappe peut-être à la férocité médiatique dont a été victime son prédécesseur. Ses origines, son style de vie comme celui de sa communication, étonnent. Il est vrai qu’il laisse moins de prise aux médias par sa simplicité, son côté direct et sans apprêt. J’aime beaucoup  sa façon « uppercut » de renvoyer les uns et les autres qui ont bien du mal à trouver un angle d’attaque. Solange Bied-Charreton était prophète à sa façon en appelant de ses vœux « un pape ringard »[6].

Mais je trouve sa tentative de justification récente étonnante. « Alors, en dressant le portrait d’un pape à la mode, pour mieux réclamer un pape traditionnel ensuite, j’ai fait quelque chose d’ironique pour pousser le sujet à son paroxysme. Je croyais que la critique serait favorable. Sur un blog, cela n’aurait pas eu un tel retentissement, mais là, il s’agissait du Monde. »

Eh oui, chère Solange, vous avez peut-être eu le tort de prendre comme tribune les colonnes du Monde. D’Henri Fesquet à Stéphanie Le Bars en passant par Alain Woodrow et Henri Tincq, on ne peut pas dire que l’Église a fait l’objet d’un traitement de faveur. Elle a été plutôt mal-traitée et aussi bien maltraitée. Et je pourrais poursuivre, mais cela prendrait trop de temps et nécessiterait un article à part entière, sur ce chapitre de la façon dont sont considérées la religion, l’Église et la pratique religieuse dans les médias.

Vous concluez vos confidences d’auteur outragée[7] par ces mots : « Le pape François, lui, s’attaque à la finance, ce qui est admirable. De nombreux catholiques sont libéraux, ce qui me semble inconciliable avec leurs convictions. Etre catholique, c’est avoir le sens de la communauté avant d’avoir le sens de l’individu. Jésus n’était-il pas un socialiste primitif ? Il se battait contre l’individualisme. »

Je ne me livrerai pas à un commentaire de plus de cette conclusion sinon pour dire qu’on se livre souvent à de nombreux contre sens sur l’ « être catholique ».

Il me semble que, plutôt que de réinterpréter ce que fait l’Église depuis 2000 ans à partir de considérations spatio-temporelles et historiques, il faudrait commencer, en 2014, par ouvrir le Nouveau Testament et le lire sans a priori, sans les parasitages intellectuels de la modernité. Et ensuite vouloir sincèrement prendre connaissance du discours que tient l’Église depuis les origines sur ces sujets qui sont pris comme des chevaux de bataille, comme s’il s’agissait de simples « faits de société » sur lesquels elle se tromperait depuis des siècles.

« Je me sens plus légataire de Charles Péguy et Georges Bernanos, intellectuels engagés et catholiques, que de la vie paroissiale chrétienne au sens strict, ou du catholicisme mondain. Or, être un intellectuel catholique en France est très difficile. C’est un milieu qui manque d’audace. »

Je ne prendrai pas position sur cet héritage que vous revendiquez. En revanche je suis bien d’accord avec vous pour dire que les intellectuels français manquent d’audace. … Et surtout pour affirmer leur catholicisme qui ne peut s’en tenir à une attitude seulement intellectuelle.

Quant à revendiquer l’identité d’ « intellectuel catholique » … c’est en effet bien audacieux !

Pizzicatho

2014.09.21

[1] http://www.lemonde.fr/festival/projet.html

[2] http://www.calamus-scriptorius.org/wp-admin/post.php?post=55&action=edit & http://www.calamus-scriptorius.org/wp-admin/post.php?post=64&action=edit

[3] http://www.reussirmavie.net/Solange-Bied-Charreton-elle-a-choisi-d-ecrire_a1926.html

[4] http://www.blog-laprocure.com/chroniques-de-nos-libraires/solange-bied-charreton-enjoy/

[5] http://wujacongress2013.com/fr/el-congreso-2/noticias/546-el-jesuita-conversaciones-con-el-cardenal-jorge-bergoglio,-sj

et dans la version française http://www.famillechretienne.fr/livres/foi/pape-et-vatican/je-crois-en-l-homme-conversations-avec-jorge-bergoglio-105707

[6] http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/02/je-veux-un-pape-ringard_1841822_3232.html

[7] … ce n’est pas une faute d’accord. C’est volontaire car je n’aime pas la féminisation qui se traduit simplement par l’ajout d’un « e » aux mots traditionnellement masculins mais qui peuvent se lire sans complication aussi bien au masculin qu’au féminin sans aucune discrimination et sans affront à l’égalité.